Partage d'évangile quotidien
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Trop évident !

Jeu. 31 Janvier 2013

Marc 4, 21-25 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Jésus disait encore : « Est-ce que la lampe vient pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ? Car rien n'est caché, sinon pour être manifesté ; rien n'a été gardé secret, sinon pour venir au grand jour. Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! » 

Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous, et vous aurez encore plus. Car celui qui a recevra encore ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.  

 

 

Le buisson ardent, par He-Qi

 

 

voir aussi : Révélations, Oyez, oyez !, Entends-tu ?

Une série de petites sentences ou paraboles, collectées ici à la suite par Marc. On les retrouve dans les autres synoptiques, mais pas nécessairement dans le même contexte ni à la suite les unes des autres. Si elles ont pu être effectivement prononcées par Jésus, il y a peu de chance qu'elles l'aient été dans cet ordre. C'est Marc qui les a réunies ainsi, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas un sens à les avoir présentées ainsi !

Je crois qu'on peut difficilement comprendre Jésus si on ne voit pas que c'est à une véritable révolution – mais entièrement intérieure – qu'il appelait, à un changement complet de paradigme. De son temps, parmi son entourage, personne ne comprenait vraiment de quoi il parlait, et il en va encore souvent de même, même de nos jours. Qui peut dire que le Père est en lui, comme Jésus le disait pour lui-même ? Et comment pourrions-nous être sûrs que le Père était bien en Jésus, si nous ne savons pas avec la même certitude qu'il est en nous ? Jésus témoigne de cette présence en lui, et son témoignage nous invite à faire la même découverte en nous. C'est de ce chemin dont nous parlent ces paraboles.

C'est donc bien comme un semeur, comme nous l'avons vu hier. Le témoignage de Jésus est comme ces graines qu'il a jetées dans nos cœurs. Faisons-leur confiance, et nous verrons qu'elles vont germer et croître, jusqu'à donner leur fruit. En réalité, d'ailleurs, ce n'est pas Jésus qui a semé la graine : elle est déjà là, le Père est en nous dès avant notre origine ! Mais elle dort, c'est comme un très long hiver, et nous ne le savions pas... Mais Jésus réveille la graine, il nous montre ce que ça donne quand le printemps arrive. Et comme pour une vraie graine, nous n'avons en fait pas grand chose à faire. Ce n'est pas le jardinier qui fait pousser la plante : il peut l'aider, mais c'est elle qui a la vie en elle.

Ceci dit, pour certains, il y a des résistances. Pour les gardiens du temple, par exemple. Eh oui ! Dieu n'est la propriété de personne ! Pas moyen de faire des bénéfices matériels, non plus de se forger un ascendant sur les autres en se posant en spécialistes accrédités. Sadducéens, pharisiens, mais aussi de nos jours théologiens, biblistes, hiérarchie : tous vos petits secrets se trouvent réduits à peu de chose, à néant. Mais ce n'est pas de sa faute, à lui, Jésus. Est-ce qu'il aurait pu faire autrement que de témoigner de cette lumière ? Est-ce qu'il aurait pu la cacher ? Oui, nous avons tous nos petits secrets, nos petites combines, nos petits arrangements, avec l'image que nous nous faisions d'un Dieu étrange autant qu'étranger, alors qu'il est plus intime à nous que nous-mêmes.

Ceci dit encore, si la révolution Jésus est venue détruire, saper, toutes les institutions, tous les édifices et tous les monuments, matériels comme intellectuels, il ne s'est jamais permis de juger qui que ce soit. Les postures, les comportements, les habitudes, les modes de pensée, les us et coutumes, les actes, les actions, les intentions, beaucoup de choses sont condamnables et Jésus ne s'est pas privé d'en condamner un grand nombre. Mais jamais les personnes. Sur la croix encore : "ils ne savent pas ce qu'ils font". Et tout ce qu'il demande, c'est qu'ils laissent une toute petite ouverture dans leur cœur par laquelle le germe puisse percer.