Partage d'évangile quotidien
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Lendemain de cuite ?

Sam. 30 Novembre 2013

Luc 21, 34-38 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Défiez-vous de vous-mêmes, que vos cœurs ne s'alourdissent dans l'orgie, l'ivresse, les soucis de la vie, et que ce jour-là ne se présente sur vous à l'improviste,  comme un piège. Car il surgira sur tous ceux qui sont assis sur la face de toute la terre. 

« Mais chassez le sommeil ! En tout temps implorez afin d'être plus forts pour échapper à toutes ces choses qui doivent arriver, et pour vous tenir debout devant le fils de l'homme ! » 

Les jours, il était dans le temple à enseigner. Les nuits, il sortait camper au mont appelé des Oliviers. Tout le peuple venait dès l'aube à lui, dans le temple, pour l'entendre. 

 

 

Élie endormi, par He-Qi

 

 

voir aussi : Menace permanente, Attention !, Incessamment, Vie de prière

C'est terrible, ça : il n'y a pas si longtemps ils étaient tellement pleins de l'Esprit que des spectateurs les ont crus ivres (Actes 2, 13), et maintenant ils en sont à se morigéner les uns les autres pour ne pas se laisser sombrer dans le sexe, l'alcoolisme et la dépression ! Alors viennent effectivement les privations volontaires et les astreintes, mais on a le sentiment qu'ils ne savent plus trop pour quoi ils luttent. Ce passage "chassez le sommeil, implorez en tout temps" nous fait malheureusement penser aux méthodes des sectes pour amoindrir la résistance psychique de ceux qu'elles veulent capturer dans leurs rets. Et, en ligne de mire de tout ça, la sempiternelle arlésienne du jour du retour du Fils de l'Homme. Ce serait donc ça la fameuse liberté des fils de Dieu ?

C'est pourtant vrai que nous avons besoin de nous mettre des limites, que nous ne grandirons pas si nous nous laissons sans cesse emporter au gré de nos humeurs et fantaisies, bref, qu'il nous faut nous conformer à un minimum de discipline. Mais c'est la manière de l'aborder qui change tout. Si elle nous tombe dessus comme un arbitraire imposé, alors nous ne pourrons que nous rebeller, et nous aurons raison. Car notre chemin n'appartient qu'à nous, nous seuls pouvons le découvrir. Et lorsque ce sera fait, alors tout découlera de source, ce ne sera plus un fardeau mais une évidence, un plaisir même éventuellement, parce que nous serons portés, comme les disciples à la Pentecôte, par quelque chose de bien plus haut, ou de bien plus profond.

Voilà pour la fin de ce discours eschatologique que nous avons suivi depuis mardi, et dont il faut reconnaître qu'il ne nous apporte pas grand chose. La petite péricope qui suit est comme une transition entre les deux derniers chapitres, qui nous ont décrit le ministère de Jésus à Jérusalem, et les deux qui vont suivre, qui sont ceux de la Passion. Pendant ce temps, donc, qui a précédé sa dernière Pâque, Jésus a enseigné chaque jour dans le Temple, puis, le soir venu, ils se rendaient au jardin des Oliviers pour passer la nuit. Ils n'y étaient certainement pas seuls : c'était la Pâque, justement, et de nombreux pèlerins faisaient comme eux, soit par manque de place dans les auberges, soit pour raisons d'économies. En tout cas, cela n'avait rien de la cachette ou du repaire de conspirateurs, et on ne peut que douter que les autorités religieuses aient réellement eu besoin d'un Judas pour les y retrouver.

Mais nous en resterons là pour l'instant sur cette question. Ici s'achève notre année liturgique. Dès lundi nous changerons complètement de perspective, puisque nous commencerons à nous préparer de nouveau à la naissance de Jésus. Tiens ! j'ai presque envie de vous souhaiter une bonne année !