Partage d'évangile quotidien
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D'origine inconnue

Ven. 23 Mars 2012

Jean 7, 2-30 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

La fête juive des Tentes approchait. Alors les frères de Jésus lui dirent : « Ne reste pas ici, va en Judée pour que les disciples que tu as là-bas voient eux aussi les oeuvres que tu fais. On n'agit pas en secret quand on veut être connu. Puisque tu fais de telles choses, manifeste-toi au monde. » (En effet, les frères de Jésus eux-mêmes ne croyaient pas en lui.) Jésus leur dit alors : « Pour moi, le moment n'est pas encore venu ; pour vous, c'est toujours le moment favorable. Le monde ne peut pas avoir de haine contre vous ; mais il a de la haine contre moi parce que je témoigne que ses oeuvres sont mauvaises. Vous autres, montez à la fête ; moi, je ne monte pas à cette fête parce que le moment pour moi n'est pas encore arrivé. » Cela dit, il demeura en Galilée. 

Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. Les Juifs le cherchaient pendant la fête, en disant : « Où est donc cet homme ? » On discutait beaucoup à son sujet dans la foule. Les uns disaient : « C'est un homme de bien. » D'autres répliquaient : « Non, il égare la foule. » Toutefois, personne ne parlait ouvertement de lui, par crainte des Juifs. 

La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au Temple et se mit à enseigner. Dans leur étonnement, les Juifs disaient : « Comment cet homme connaît-il tant de choses sans avoir fait d'études ? » 

Jésus leur répondit : « Mon enseignement n'est pas le mien : c'est l'enseignement de celui qui m'a envoyé. Celui qui veut faire la volonté de Dieu saura si cet enseignement vient de Dieu, ou si je ne parle qu'en mon nom. Si quelqu'un ne parle qu'en son nom, il cherche sa propre gloire ; mais si quelqu'un cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, il est dans le vrai, et il n'y a en lui rien de mal. N'est-ce pas Moïse qui vous a donné la Loi ? Or, aucun de vous n'agit selon la Loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? » 

La foule répondit : « Tu es un possédé. Qui donc cherche à te faire mourir ? » Jésus leur répondit : « Pour une seule oeuvre que j'ai faite, vous voilà tous dans l'étonnement. Moïse vous a prescrit la circoncision (en fait elle ne vient pas de Moïse, mais des patriarches), et vous la pratiquez même le jour du sabbat. Eh bien ! Si le jour du sabbat, un être humain peut recevoir la circoncision afin que la loi de Moïse soit respectée, pourquoi vous mettez-vous en colère contre moi parce que j'ai guéri un être humain tout entier le jour du sabbat ? Ne jugez pas d'après l'apparence, mais selon la justice. » 

Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ? Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne ne saura d'où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. » 

On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue. 

 

 

L'enfant Jésus au Temple, par He-Qi

 

 

voir aussi : Connaissances, D'où je suis

Curieux comme les évangélistes insistent à de nombreuses reprises sur les origines bien connues de Jésus, sur l'obstacle que cela représente pour que son message soit reçu. Cela est dit de sa famille, ses frères, qui ne croient pas en lui. Cela est dit de son village. Cela est encore dit aujourd'hui des judéens (et non pas des 'juifs' comme le dit la traduction liturgique catholique qui est utilisée sur ce blog, rendant de nombreux passages difficilement compréhensibles). Une telle profusion de témoignages rendent le fait hautement probable, historiquement parlant. Et on se demande comment concilier l'incroyance de sa famille, en particulier, avec une hypothétique naissance virginale ? Comment la mère d'un tel prodige pourrait-elle ensuite douter de la santé mentale de son rejeton ?

L'ensemble du texte d'aujourd'hui tend à montrer l'ambiance mitigée autour de Jésus parmi les habitants de la Judée, dont Jérusalem. On est étonné de ce qu'un de ces rustres Galiléens montre une telle habileté dans l'enseignement, mais on est choqué par ses prétentions. Il est vrai que l'intéressé semble les provoquer, comme toujours chez Jean, qui rédige à une époque où le clivage entre juifs et chrétiens est définitivement figé, et qui cherche donc surtout à leur en mettre un maximum sur le dos. C'est ce qui fait toute la valeur de ces à côtés comme celui que je viens d'évoquer. Les difficultés rencontrées par Jésus du fait que l'on savait très bien qui il était et d'où il venait, qui ne sont pas le centre du message que veut délivrer l'évangéliste, mais quand même indispensables à son raisonnement, et dont on ne voit pas pourquoi il serait aller les inventer plutôt qu'un autre prétexte.

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