Partage d'évangile quotidien
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Entre-actes

Lun. 9 Novembre 2015

Luc 17, 1-6 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Il dit à ses disciples : « Il est impensable que les occasions de chute ne viennent pas. Cependant, malheureux celui par qui elles viennent ! Il est avantageux pour lui qu'une pierre de meule soit mise autour de son cou et qu'il soit flanqué à la mer, plutôt que d'être occasion de chute pour un seul de ces petits. 

« Défiez-vous de vous-mêmes ! Si ton frère pèche, reprends-le. S'il se repent, remets-lui ! Si sept fois le jour il pèche contre toi, et sept fois revient vers toi en disant : "Je me repens", tu lui remettras ! » 

Les apôtres disent au Seigneur : « Mets en nous plus de foi. »  Le Seigneur dit : « Si vous aviez de la foi comme une graine de moutarde, vous diriez à ce sycomore : "Déracine-toi et plante-toi dans la mer." Et il vous obéirait ! » 

 

 

Le passage de la mer Rouge, par He-Qi

 

 

voir aussi : La mer aux trousses, Chutes et guérisons, Cimetière marin, La mer dépotoir, Un arbre à la mer !, Scandale

Voici pour aujourd'hui une collection de trois péricopes sans guère de rapport entre elles. Il faut reconnaître que les évangiles synoptiques, d'une manière générale, au-delà de la composition d'ensemble voulue par chaque évangéliste, ressemblent souvent dans le détail à de telles juxtapositions de morceaux, de tailles plus ou moins importantes. C'est plus flagrant quand ces morceaux sont vraiment petits ; par exemple dans le chapitre précédent, juste après notre texte de samedi, chacun des trois versets 16, 17 et 18 est une sentence sur un sujet sans rapport avec les deux autres. C'est aussi assez évident ici, où les "morceaux" font chacun deux versets, mais c'est encore vrai avec les deux textes qui vont suivre celui-ci — les serviteurs inutiles, que nous verrons demain, et les dix lépreux, que nous verrons mercredi —, une parabole et un récit, chacun sur des sujets sans rapport entre eux, ni avec nos trois péricopes du jour... En réalité, toujours au-delà de l'organisation générale de chaque évangile (synoptique), il est rare que nous y trouvions des développements d'importance conséquente et sémantiquement articulés.

Précisons un peu : chez Marc, la trame générale — passablement fictive — serait plutôt l'enchaînement des événements (après cela Jésus se rendit à tel endroit, ou opéra telle guérison, etc.), entrelardé d'enseignements plus ou moins à propos. Sur cette base, qu'il n'a pas pour autant complètement remise en cause, Matthieu a choisi de procéder quand même à quelques regroupement par types de pièces ; c'est ainsi que nous avons son "sermon sur la montagne", méga-collection de sentences, ou sa série de dix miracles ; mais il s'agit bien de regroupements par types : la majeure partie du sermon sur la montagne pourrait par exemple être ré-ordonnée autrement sans qu'on n'y perde rien, toujours sémantiquement parlant. Luc pour sa part, aussi sur la même trame d'origine de Marc, a essentiellement introduit l'idée, vaguement rappelée à quelques occasions, d'un voyage de Galilée vers Jérusalem entamé très tôt dans le ministère public de Jésus ; moyen en quoi ce voyage interminable ressemble quand même largement à un vaste fourre-tout... Tout ceci signifie, sans aucun doute possible, que les évangiles synoptiques sont basés sur des matériaux d'origines diverses, qui se sont trouvés progressivement collectés jusqu'à nous donner ces récits tels que nous les avons aujourd'hui.

Il faut donc résolument écarter de nos esprits les légendes qui attribueraient comme source de chaque évangile synoptique un témoin direct, qui aurait en quelque sorte dicté ses mémoires. Ces trois évangiles ne sont bien que cela, une collection de matériaux de sources diverses, ce qui signifie notamment qu'il est extrêmement difficile, voire impossible, de reconstituer une "histoire" du ministère de Jésus, au-delà des quelques très grandes lignes que je mentionne régulièrement : une première période, vraisemblablement la plus importante en temps, en Galilée, avec des guérisons (quelle qu'en soit l'explication) et un réel succès populaire ; puis un tournant, presque une rupture, et une période plus flottante, qui finira par déboucher sur une montée à Jérusalem, à laquelle il convient d'ajouter, évidemment, la mort sur la croix comme terme. Une bonne partie des matériaux peuvent être rattachés soit à la première période, avec un concept du Royaume encore assez extériorisé et proche des conceptions juives classiques — notamment un Royaume qui vient comme un événement unique dans le temps et à portée universelle —, soit à la seconde période, avec un concept du Royaume beaucoup plus intériorisé — accessible immédiatement, de tous temps et pour toujours, et non plus à attendre seulement dans le futur, et accessible à chacun individuellement, et non plus seulement collectivement.

Au-delà de ces deux grandes tendances, il n'est pas possible d'en dire beaucoup plus avec certitude sur l'authenticité de telle anecdote ou de telle parole. Nous ne pouvons qu'évaluer des probabilités plus ou moins grandes, selon un certain nombre de critères. Par exemple le critère dit "d'embarras" considère qu'un événement ou une attitude rapportés au sujet des disciples et qui ne les montrent pas sous un beau jour a de fortes chances d'être authentique (ainsi la fuite des disciples lors de l'arrestation de Jésus, ou encore Pierre qui se fait traiter par lui de satan). D'une manière générale, tout ce qui aurait plutôt tendance à contrarier l'entreprise de séduction, que sont aussi les évangiles, acquiert par le fait même une certaine solidité. Autre exemple de critère, celui dit de "cohérence" considère qu'un événement ou une parole, qui contredisent formellement l'esprit général qui se dégage malgré tout de qui a pu être Jésus, a de fortes chances d'être inauthentique (le figuier desséché du jour au lendemain, sorte de caprice d'un tyran, en est un cas typique). Ce sont de tels critères, utilisés par la recherche scientifique depuis plusieurs décennies, qui ne donnent sûrement pas des certitudes absolues, mais qui permettent donc quand même de dégager quelques tendances générales, non négligeables, de l'histoire et de l'enseignement de Jésus.

Par rapport aux générations précédentes, pour lesquelles les évangiles étaient "parole d'évangile", nous pouvons avoir l'impression d'être en terrain beaucoup plus mouvant, c'est une litote ! Une des réactions possibles peut alors être de s'en tenir à la seule théologie qui a été élaborée au fil des siècles à partir de là, en se disant que peu importe au fond ce qui s'est vraiment passé à l'origine. Si on se trouve bien d'un tel choix, je n'ai personnellement rien à y redire : chacun sa vie, chacun son chemin. Ceci dit, encore personnellement, je ne peux pas, pour ma part, me contenter d'une telle attitude qui, à mon sens, pourrait être tenue par rapport à n'importe quelle tradition spirituelle de l'histoire de l'humanité. Cela me semble être quelque chose du genre "peu importe le vin pourvu que nous ayons l'ivresse", que, à nouveau, je trouve parfaitement justifiable. Les traditions spirituelles se rejoignent effectivement toutes, d'une certaine façon, et c'est bien l'essentiel. Mais cela n'empêche peut-être pas qu'on puisse vouloir apprécier un Château-Margaux de manière différente d'un Gewurztraminer, et c'est là que le terroir d'origine peut prendre toute son importance...

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la vérité ne vous plaira pas! 09/11/2015 09:38

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