Partage d'évangile quotidien
<
Enregistrer le billet en pdf

Travaux pratiques

Sam. 15 Septembre 2012

Luc 6, 43-49 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Jamais un bon arbre ne donne de mauvais fruits ; jamais non plus un arbre mauvais ne donne de bons fruits. Chaque arbre se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L'homme bon tire le bien du trésor de son coeur qui est bon ; et l'homme mauvais tire le mal de son coeur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du coeur. 

« Et pourquoi m'appelez-vous en disant : 'Seigneur ! Seigneur !' et ne faites-vous pas ce que je dis ? Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l'inondation, le torrent s'est précipité sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui qui a écouté sans mettre en pratique ressemble à l'homme qui a bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est précipité sur elle, et aussitôt elle s'est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. » 

 

 

Josué sonne la trompette, par He-Qi

 

 

voir aussi : Du cœur à l'ouvrage, Bonnes intentions

Il nous faut resituer ce passage dans le contexte de l'histoire racontée par Luc pour bien comprendre sa portée. Reprenons donc le cours des événements. Jésus s'est retrouvé, comme souvent, au milieu d'une grande foule de gens venus pour lui. Il est parti à l'écart pour prier toute une nuit, puis il a choisi les douze, et il s'est mis à donner un enseignement. Comme il vient d'accomplir ce geste important, choisir douze personnes qui signifient l'universalité de son message, on peut considérer cet enseignement qui suit immédiatement comme un résumé, l'essentiel, le cœur, de ce qu'il a à dire.

Nous avons ainsi eu les béatitudes dans leur version lucanienne, quatre bénédictions et quatre malédictions. Nous avons vu qu'il s'agit d'un ensemble de maximes destinées à nous apprendre une certaine équanimité d'âme devant nos conditions de vie, apprendre à ne pas nous focaliser sur les hauts et les bas, à trouver une forme de distance et de paix. Les traditions chrétiennes accordent une grande importance aux béatitudes, avec raison. Mais elles ne sont qu'une première étape, c'est une initiation, un préalable, auquel il est toujours utile de revenir, indispensable même, mais il ne faudrait pas en rester là.

Alors est venu le vrai cœur de l'enseignement de Jésus, l'amour, l'amour fou. Pas un amour mièvre dégoulinant de bonnes intentions, pas une sentimentalité narcissique et exacerbée qui se construit son petit nuage et après moi le déluge. Non, un amour difficile, exigeant, qui oblige à s'examiner honnêtement et avec courage, à détruire nos prétentions à être des êtres parfaits, à reconnaître nos faiblesses et notre petitesse, pour être capables d'accepter les faiblesses et la petitesse des autres. Un amour dont Jésus donnera bientôt la pleine mesure, en acceptant de se laisser condamner plutôt que de condamner.

En réalité, c'est impossible. Impossible de renoncer à soi-même, impossible de vouloir le bien de ses ennemis, impossible même de seulement garder son calme quand la vie nous malmène. Impossible si je ne compte que sur mes propres forces, si je ne compte que sur moi seul. Mais je ne suis pas seul avec moi-même, il y a en moi un autre, qui me dépasse tout en m'étant plus intime que moi. Celui que Jésus appelle le Père, son Père, mon Père, le Père de tous et de chacun(e). Et le Père en moi, lui, est capable d'accomplir ces prodiges.

Voilà ce dont il s'agit aujourd'hui. Les foules viennent à Jésus parce qu'elles ont entendu parler des signes, elles viennent pour se faire guérir, peut-être aussi pour prendre part au mouvement qui, c'est sûr, va faire revenir le royaume de David, chasser le romains, ramener la souveraineté d'Israël, et la paix, et la prospérité. Jésus répond : découvrez le royaume qui est en vous. Ne m'appelez pas 'seigneur', ne me prenez pas pour un roi. Vous avez tout en vous. Faites-le !

Commenter cet évangile