Partage d'évangile quotidien
<
Enregistrer le billet en pdf

Ensemble, c'est tout

Mer. 11 Juillet 2012

Matthieu 10, 1-7 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, appelé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. 

Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. » 

 

 

Regarde dans le ciel, par He-Qi

 

 

voir aussi : Cible de com, Garde rapprochée

Dans ce choix de douze disciples, le plus important n'est pas tant ceux qui ont été choisis mais le fait qu'ils soient douze. Pour tout juif, douze signifie le nombre des tribus qui composent leur peuple. Douze est donc hautement symbolique. Il signifie que la mission de Jésus concerne absolument tout le monde, personne n'en est exclu. Mais ce douze signifie-t-il que seul Israël est concerné ?

C'est ce que Matthieu, fidèle à lui-même, ne manque pas de sous-entendre, ou plutôt d'affirmer clairement : "n'allez pas chez les païens, même pas chez les Samaritains..." Pourtant Marc, considéré comme la source sur les parties communes aux trois synoptiques, n'a pas cette précision. Et si on voulait supposer que Matthieu l'aurait trouvée dans la source Q, qu'il partage avec Luc en dehors de Marc, on devrait en conclure que Luc l'a délibérément rejetée, puisqu'il ne l'a pas lui non plus.

Il est certain que Jésus s'est intéressé principalement aux juifs, son discours s'adressait à eux, et ses efforts ne tendaient qu'à les convertir, eux. C'est sa religion qu'il voulait réformer. Mais c'est normal, aussi. C'est dans ce pays-là, avec ceux-là, qu'il vivait. Il les connaissait bien. Quelle crédibilité aurait-il eu à élargir le champ de sa mission au-delà de ces frontières sans s'être d'abord occupé de ses compatriotes et coreligionnaires ? Ses interlocuteurs auraient alors eu beau jeu de lui répondre de s'occuper d'abord de balayer devant sa porte avant de s'occuper de celle des voisins !

Pour autant, on ne voit jamais Jésus se fermer à qui que ce soit. Il a fallu l'exclusion des chrétiens des synagogues pour que finisse par s'imposer leur nécessaire ouverture au monde païen. Les communautés de la mouvance de Matthieu vont décliner et disparaître de l'histoire, ne subsisteront que celles de la mouvance de Luc. Si les pharisiens n'avaient pas rejeté les chrétiens, sans doute aurait-ce été le contraire, les partisans de l'ouverture aux païens auraient été mis en minorité, et le christianisme serait resté une simple faction à l'intérieur du judaïsme.

Commenter cet évangile