Partage d'évangile quotidien
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Trop la chance

Lun. 11 Juin 2012

Matthieu 5, 1-12 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait : 

« Heureux les pauvres de coeur :le Royaume des cieux est à eux ! Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise ! Heureux ceux qui pleurent :ils seront consolés ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux :ils obtiendront miséricorde ! Heureux les coeurs purs :ils verront Dieu ! Heureux les artisans de paix :ils seront appelés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :le Royaume des cieux est à eux ! 

« Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. » 

 

 

Saint François, par He-Qi

 

 

voir aussi : Eveil paradoxal

Le discours sur la montagne, dans l'évangile de Matthieu, est une sorte de leçon inaugurale, et ces 'béatitudes', que nous avons aujourd'hui, en sont comme le résumé introductif. C'est dire comme elles condensent l'enseignement de Jésus. C'est dire aussi comme nous devons faire attention à ne pas les comprendre de travers.

Notons déjà qu'il n'est pas dit que les pauvres sont heureux d'être pauvres, ni ceux qui pleurent de pleurer, etc... Ce serait un contre-sens. On n'a d'ailleurs aucun intérêt à aborder ce texte en partant ainsi de ceux qui... : ceux qui pleurent, ceux qui ont faim. Jésus n'est pas en train de s'adresser successivement à différentes catégories de personnes pour les réconforter, du moins ce n'est pas son premier objectif. Jésus s'adresse à tout ce monde qui l'a suivi, et son sujet, c'est le royaume : ce qu'est le royaume, ce qu'il n'est pas, comment il se manifeste, et comment on peut se préparer pour le recevoir.

On élimine alors d'emblée le royaume 'de David', la restauration d'Israël qu'attendaient les juifs de l'époque. On élimine par la même occasion le messie, celui qui devait les mener dans cette (re-)conquête, on n'est pas sur la même longueur d'onde. Jésus ne parle ici que d'une conquête intérieure, un royaume qui se manifeste en moi, pour mon propre bien d'abord, et ensuite pour le bien de mes proches et de tous ceux que je rencontre. Bref, le royaume de ce Dieu qui est en moi, non comme un créateur puissant et juge infiniment lointain, mais comme un papa, et non pas permissif mais qui, avant tout et par dessus tout, m'aime et croit en moi et se réjouit d'avance de celui que je serai.

Alors oui, pour le trouver, il faut d'abord que je me dénude de tout ce qui n'est pas vraiment moi. Et c'est pas toujours facile, je vais pleurer. Et puis ça risque de prendre du temps, il va falloir que j'en devienne affamé, assoiffé. Et je ne peux pas le prendre d'assaut, il faut que je sois patient. Et je vais devenir plein de sollicitude pour ceux qui suivent le même chemin, et je pardonnerai à ceux qui me font du mal, parce qu'ils ne le font pas exprès, qu'ils ne savent pas que ce chemin existe, et mon pardon finira par les aider à le trouver.

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