Partage d'évangile quotidien
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Du pain sur la planche

Mar. 10 Juillet 2012

Matthieu 9, 27-38 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Tandis que Jésus s'en allait, deux aveugles le suivirent, en criant : « Aie pitié de nous, fils de David ! » Quand il fut dans la maison, les aveugles l'abordèrent, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se fasse pour vous selon votre foi ! » Leurs yeux s'ouvrirent, et Jésus leur dit sévèrement : « Attention ! que personne ne le sache ! » Mais, à peine sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région. 

On présenta à Jésus un possédé qui était muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le muet se mit à parler. La foule fut dans l'admiration, et elle disait : « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C'est par le chef des démons qu'il expulse les démons. » 

Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. » 

 

 

Moïse bénit Israël, par He-Qi

 

 

voir aussi : Pénurie de personnel, Appels

La pitié de Jésus est sans doute la raison profonde du drame de sa vie. Si, sans cesse, il recommande à ceux qui sont guéris par lui de ne pas aller parler partout à tort et à travers, c'est parce qu'il sait bien qu'ainsi, c'est le malentendu qui ne cesse de s'accroître. Les gens ne peuvent s'empêcher de dire que Jésus les a guéris, or, c'est faux. Jésus ne guérit personne, c'est Dieu qui guérit par son intermédiaire. Dès que Jésus se laisse émouvoir, Dieu guérit.

Les bénéficiaires le savent bien, pourtant. Ils savent que c'est leur foi qui a permis à la guérison d'agir, mais c'est plus fort qu'eux, et on peut les comprendre, l'ensemble du processus a eu besoin du catalyseur Jésus, alors ils proclament haut et clair ses louanges. Et même si, certains peut-être, n'attribuent pas la source de leur guérison à Jésus, leurs auditeurs, en tout cas, dans leur immense majorité, le comprennent ainsi.

Il en a été de même pour tous les titres qu'on a voulu lui attribuer. Messie ou Christ, Fils de Dieu, Seigneur, il les a tous récusés. Quand Pierre fait sa fameuse profession de foi "tu es le Christ", Jésus lui interdit formellement de jamais répéter ça. L'évangéliste a ajouté "du moins pas avant la résurrection", mais pour Jésus c'était jamais jamais. La figure du Christ est incompatible avec le destin du fils d'homme. Au point que Pierre, qui revient alors à la charge en protestant, se voit rabrouer d'un vade retro satanas, arrière Satan, sans aucune ambiguïté.

Nous rendons hommage à une tradition qui nous a conservé le souvenir de l'homme exceptionnel. Mais il est largement temps, il est même urgent, que, justement par fidélité à celui-ci, nous fassions valoir un droit d'inventaire. La véritable fidélité n'est pas de répéter mécaniquement les formes élaborées par la foi des générations précédentes. La véritable fidélité se sert des formes pour remonter à la source et inventer alors ses propres formes, nouvelles, adaptées aux temps nouveaux.

Sacré chantier, oui !

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