Au nom de Jésus
« Il ne suffit pas de me dire : 'Seigneur, Seigneur !', pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.
« Ce jour-là, beaucoup me diront : 'Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?' Alors je leur déclarerai : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal !'
« Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.
« Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. »
Oh qu'elle est dure à entendre cette parole-là pour beaucoup. Nous la comprenons en général ainsi : il ne suffit pas de parler (dire), mais il faut aussi agir (faire), ou que les beaux discours sur l'amour ne valent pas l'amour donné, jusqu'à Paul qui nous dit que de la foi, l'espérance et la charité seule la charité demeurera.
Tout ceci est bien vrai, mais ce n'est pas ce dont parle ce texte. Chasser des démons et faire des miracles, voilà qui est indubitablement aussi de l'ordre de l'action, de l'amour en actes, et non de la seule parole, des grands mots. Et ces actions ont été accomplies au nom de Jésus, mais Jésus ne les accepte pas.
Si l'opposition ne réside pas tant entre dire et faire, en quoi alors ? Entre Jésus et le Père ! Dire 'Jésus, Jésus' ou faire la volonté du Père.
Nous retrouvons ici ce Jésus entièrement tourné vers son Père ; tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit, n'ont qu'un seul objectif : le Père. Jésus ne se met jamais en avant, toujours il s'efface. C'est le Jésus qui dit : pourquoi m'appelles-tu bon, pourquoi m'appelles-tu maître ? Mais je trouve que dans ce texte, c'est d'une force terrible contre nos théologies depuis deux mille ans !

