Entrée par effraction
Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu'il était à la maison. Tant de monde s'y rassembla qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
Or, il y avait dans l'assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu'ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ? Qu'est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : 'Tes péchés sont pardonnés', ou bien de dire : 'Lève-toi, prends ton brancard et marche' ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l'ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »
L'homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil. »
Le pardon des péchés. Quand Jean baptise, quand Jésus à son tour baptise, ils le font déjà pour le pardon des péchés. Ce n'est pourtant pas eux qui pardonnent, ce n'est pas ce qu'ils prétendent. Ils proclament seulement que, à ceux qui changent leur manière de vivre selon leurs enseignements, et marquent leur volonté de suivre résolument ce chemin en se faisant baptiser, à ceux-là Dieu pardonne leurs péchés. Dieu seul effectivement peut pardonner les péchés, là-dessus tous sont d'accord.
Quand Jésus dit au paralysé 'tes péchés sont pardonnés', il ne prétend toujours pas s'octroyer ce que Dieu seul peut faire. Il constate seulement que cette obstination qui les a amenés jusqu'à percer le toit de la maison est un témoignage suffisant de la fermeté de leur décision de le suivre. Il ne manque donc ici que le geste technique de versement de l'eau pour que l'on soit simplement dans un baptême !
Quant-aux scribes, eux de toute façon n'approuvent pas plus le rite du baptême de Jean ou de Jésus avec eau que cette espèce de baptême sauvage sans eau du paralysé. Pour eux, seuls les rites du temple de Jérusalem sont à même d'obtenir le pardon de Dieu. Un peu de nos jours comme ceux qui penseraient que l'Esprit est propriété de leur église. Mais c'est à ses fruits qu'on reconnaît l'arbre : Jésus dit au paralysé de se lever, et il se lève.

