Partage d'évangile quotidien
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Prenez-en de la graine !

Mer. 21 Juillet 2010

Matthieu 13, 1-9 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord du lac. Une foule immense se rassembla auprès de lui, si bien qu'il monta dans une barque où il s'assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. 

Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :« Voici que le semeur est sorti pour semer. 

« Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. 

« D'autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt parce que la terre était peu profonde. Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. 

« D'autres grains sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. 

« D'autres sont tombés sur la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. 

« Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! » 

 

 

Élie et le corbeau, par He-Qi

 

 

Que le christianisme ne puisse pas se réduire aux seuls enseignements de Jésus ne suffit pas pour le condamner comme une imposture. Les développements théologiques qui ont été apportés par les générations successives de chrétiens ne sont pas automatiquement condamnables sous le prétexte qu'ils n'ont pas été formulés par Jésus lui-même. Oui, cher Sagramor, si le christianisme n'existait pas, il faudrait l'inventer.

Ceci dit, je suis aussi d'accord que, dans tout ce qui a été élaboré, il puisse y avoir matière à révision. Notre parabole du jour le dit bien : il arrive que des graines, qui semblaient à première vue pouvoir donner de beaux épis, finissent par périr. Ainsi en est-il aussi de la théologie. Des formulations qui pouvaient sembler prometteuses à un moment finissent en eau de boudin. Et d'autres, qui ont effectivement produit de magnifiques épis, finissent par devenir stériles.

Il semble que ce soit le cas, à notre époque, de ces gros mots que nous avons évoqués : résurrection, trinité, transsubstantiation. Je lisais ces jours-ci, sur des blogs amis, que ces notions de nature, de personne, d'hypostase, etc, ne sont plus compréhensibles de nos jours sinon par quelques spécialistes. Je doute en fait qu'elles aient jamais été compréhensibles sinon par quelques spécialistes. Je vois mal que, dans les premiers siècles, le niveau d'instruction des populations ait été si élevé que les sujets de conversations courrants aient pu porter sur la question des "deux nature en une seule personne" plutôt que sur la pluie et le beau temps !

La parabole d'aujourd'hui peut nous donner encore un autre enseignement à ce sujet. Il ne nous est pas dit que la bonne terre ait eu à fournir un effort surhumain pour que les grains donnent de beaux épis. Si ces questions nous semblent trop compliquées, laissons-les donc germer et faire leur cheminement tout seul en nous. Ne soyons simplement pas comme le sol pierreux.