Trompettes de la renommée
« Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil, et se seraient assis dans la cendre en signe de pénitence. En tout cas, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous lors du Jugement.
« Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu'au ciel ? Non, tu descendras jusqu'au séjour des morts !
« Celui qui vous écoute m'écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé. »
Passons sur ces malédictions. Nous pouvons les retenir comme invitations à la conversion, mais ne pouvons croire que, quelle qu'ait été l'attitude des habitants de ces villes par la suite, leur sort éternel avait déjà été scellé par ces condamnations ! La question pourrait pourtant être intéressante, de savoir si Jésus a pu, dans les premiers temps de sa prédication, proférer ce genre de jugements définitifs et sans appels. Peut-être est-ce le cas, dans sa perspective d'une inauguration imminente du royaume.
Plus intéressant est l'élargissement qu'il fait de sa personne aux douze et finalement à tous ses disciples. Comme nous l'avons vu hier, Jésus avec ses douze apôtres ne sont pas seulement un groupe de personnes plus ou moins liées par des intérêts communs, mais sont un symbole d'une perfection spirituelle. On pourrait dire qu'ils sont en fait une entité. Et c'est ce que nous confirme le texte d'aujourd'hui : on ne peut pas séparer le corps de la tête, rejeter ou accepter le corps c'est aussi rejeter ou accepter la tête.
Je ne dirais pas qu'on est obligé d'adhérer à toutes les formes dogmatiques et autres qu'a prise la foi chrétienne au long des âges et jusqu'à nos jours, mais à tout le moins qu'on ne peut pas être chrétien tout seul dans son coin, dans un splendide isolement spatio-temporel.

