Le monde en jeu
en expliquant : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il disait aussi à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ? »
voir aussi : Perdition
Le grand jeu. Nous (les catholiques) venons d'entrer en carême, et la liturgie nous propose, après les préliminaires d'hier sur le jeûne, la prière et l'aumône, cet aphorisme plus générique : renoncer à soi-même.
Nous devons être très prudents avec cette idée, tant elle a fait de ravages, et peut encore en causer. Il y a une façon de renoncer à soi-même qui n'est en fait qu'une création d'un personnage artificiel, tout en menant à la destruction de la personne (ce qui n'est pas le but). Nous connaisons tous des exemples de ces personnes qui s'oublient elles-mêmes au profit de leurs enfants, de leur conjoint, personnifications de toute la souffrance du monde pour rien.
En réalité, ces personnes ont trouvé ce rôle à jouer parce qu'elles n'en voyaient pas d'autre, mais c'est ce rôle qui peu à peu les a envahi, au point qu'elles ne savent définitivement plus être elles-mêmes. Elles ont disparu derrière la posture qui leur donne, à elles-mêmes, l'impression d'être quelqu'un de bien. Mais ce sont des personnes qui dégagent, en réalité, un ennui mortel que nul n'a plus envie d'être en contact avec elles.
Tel n'était certainement pas Jésus. Jusqu'au bout, il suscita les passions. Même l'abandon de ses disciples aux dernières heures ne signifiait pas, au contraire, qu'il ne les intéressait plus.

