Jour après jour
Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
voir aussi : Vertus du quotidien ordinaire, Une prophète
Comme les filles étaient mariées dès qu'elles pouvaient enfanter, Anne s'est retrouvée veuve à vingt ans ! Plus de soixante ans de veuvage, dont une vingtaine au moins à refuser les prétendants : on peut dire que c'était sa vocation. Il est vraisemblable qu'elle ait eu des enfants, sinon elle aurait dû épouser un frère de son mari, mais ils ne sont pas mentionnés.
Une vocation de prière et de jeûne dans le célibat, voilà qui s'accorde sans doute bien avec la qualité de prophète d'Anne. Et voilà un personnage de plus pour témoigner en faveur de Jésus face à ses accusateurs, les autorités religieuses. Anne, nous est-il bien précisé, ne "s'éloignait pas du Temple". Autrement dit, elle bénéficiait de la présence divine bien mieux que tout ce clergé qui se contente d'y officier lorsque c'est son tour, et le reste du temps s'occupe surtout de ses biens temporels et de sa position sociale !
Ceci étant dit pour l'orthodoxie juive, Luc, qui ne croit plus au Temple comme lieu de prédilection de la présence divine, peut bien affirmer tranquillement que la "grâce de Dieu" était sur l'enfant, même dans cette Galilée natale tant décriée par les judéens comme mécréante.

