Partage d'évangile quotidien
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Du hasard comme deus ex machina

Ven. 24 Février 2023

Est-il raisonnable de croire au hasard pour expliquer l'existence d'êtres tels que nous, depuis l'origine de l'univers jusqu'à notre espèce humaine ?

Déjà, en considérant que la "raison", c'est ce qui cherche en nous à trouver un sens à notre existence, on voit tout de suite que le hasard est par le fait même disqualifié ; le hasard c'est, par définition, ce qui n'a pas de sens, pas de raison d'être plutôt qu'autre chose...

Mais allons plus loin. Dès le commencement de notre univers, dès ce qu'on appelle le big-bang, donc à un niveau relevant de la physique pure, nous savons que les caractéristiques qui font que cet univers a eu une stabilité suffisante pour durer un peu plus que quelques fractions infimes de secondes, dépend du réglage précis d'une vingtaine (trentaine ?) de constantes physiques de bases, réglages d'une précision telle que les probabilités pour que le "hasard" en soit la cause sont nulles.

Et on peut continuer : les probabilités pour qu'une première cellule vivante soit apparue sur notre Terre aussi vite qu'elle l'a fait, les probabilités pour qu'à partir de ces premières cellules l'évolution des espèces vivantes se soit faite à la vitesse à laquelle elle s'est faite, y compris l'apparition de notre propre espèce, ces probabilités sont nulles elles aussi.

On n'est pas obligé pour autant de recourir à un vieillard barbu ! On peut s'orienter vers des capacités innées du substrat physique de notre univers. On peut penser notamment à des champs — comme il existe les champs gravifique, électrique, magnétique... —, que nous serions, en tout cas actuellement, incapables de déceler, mais qui pourraient expliquer ce que notre ignorance veut appeler hasard. Dans cette voie, on peut penser particulièrement à un champ mémoriel, à la fois temporel et intemporel, une mémoire de tout ce qui existe, de tout ce qui a existé, pouvant subsister d'une manifestation de l'univers à l'autre ; une telle mémoire — qui est postulée par les traditions hindoue et bouddhiste sous le nom d'akasha — expliquerait ces improbabilités mystérieuses qui ont mené jusqu'à notre existence d'êtres conscients, bien mieux que le "hasard" !

Une conséquence, comme par la bande, d'un tel concept, est évidemment que la mort n'est en aucun cas la disparition de tout notre être, ni d'aucun être. Vouloir en dire plus sur ce point nous obligerait à entrer dans des sujets qui nous mèneraient trop loin. On peut cependant au moins comprendre que, déjà, un tel substrat ne peut pas être considéré comme purement impersonnel, ce n'est pas une bande magnétique ou un disque dur, et par conséquent aussi, que ces "enregistrements" ne sont pas non plus impersonnels.

Jamais rien ne meurt vraiment. Aucun oiseau du ciel, aucun lys des champs, aucun cheveu de nos têtes. À plus forte raison, non plus, comment "l'époux" pourrait-il nous être enlevé ?

 


Alors s'approchent de lui les disciples de Jean.

    Ils disent :
« Nous-mêmes, et les pharisiens, nous jeûnons beaucoup.
Et tes disciples ne jeûnent pas ! Pourquoi ? »

    Jésus leur dit :
« Les compagnons d'épousailles
    peuvent-ils s'affliger
tant qu'ils ont avec eux l'époux ?

Mais viendront des jours
    où leur sera enlevé l'époux.
Alors, ils jeûneront. »

(Matthieu 9, 14-15)