Partage d'évangile quotidien
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La semence c'est la parole

Mer. 24 Janvier 2024

Pourquoi y aurait-il nécessairement des fins dernières qui seraient prédéfinies, un paradis, un séjour des élus, un nirvana, etc., etc. ?

Le semeur, c'est la parole qu'il sème. La parole, le sens. La parole, la "bonne parole" ? si on veut dire par là une morale, des règles de bonne conduite, on se trompe, non ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Nous avons besoin d'une morale, ne pas faire de tort ni aux autres ni à soi-même, c'est nécessaire pour vivre en société et même juste pour soi. Mais ça ne suffit absolument pas, ce n'est pas un but en soi, nous avons besoin de quelque chose d'autre, qui est d'un autre ordre.

Nous avons besoin de sens, que notre vie, et l'histoire de l'univers, aient un sens. Mais attention, ce n'est pas d'un sens prédéfini dont nous ayons besoin, car cela signifierait que la messe serait dite d'avance, cela signifierait la prédestination, l'absence de liberté, un projet écrit à l'avance et dans le cadre duquel nous n'aurions aucun choix sinon celui soit de nous y conformer soit de nous en exclure, mais la seconde option signifiant en fait notre disparition, ce ne serait donc pas un vrai choix.

Non, le sens dont nous ressentons le besoin, celui pour lequel nous nous révélerons capables de passer victorieusement au travers d'épreuves auxquelles nous n'aurions même pas imaginé pouvoir survivre, n'est pas écrit à l'avance. Ce qui est écrit, préétabli, c'est notre besoin de le faire naître, de le créer, ce sens. Ce qui préexiste, c'est ce principe du sens, et donc notre besoin de l'initier, de lui donner une forme, qui nous satisfera au moins un temps, jusqu'à ce que les circonstances et le besoin nous poussent à aller plus loin, le faire évoluer de nouveau. Jusqu'où ?

Il n'y a pas de réponse à cette dernière question, elle n'existe pas encore, elle fait partie du processus, justement. Vraisemblablement est-ce sans fin, ce qui n'a rien de regrettable. Quelle importance ? pourquoi y aurait-il nécessairement des fins dernières qui seraient prédéfinies, un paradis, un séjour des élus, un nirvana, etc., etc. ? se focaliser sur une supposée destination finale n'est-il pas le meilleur moyen de ne profiter d'aucune des richesses du chemin ?

 

 

De nouveau il commence à enseigner
    au bord de la mer
et une foule nombreuse se rassemble près de lui
    si bien qu'étant monté en barque
    il s'assied dans la mer
et toute la foule était sur la terre tournée vers la mer
et il leur enseignait en paraboles beaucoup de choses

    et il leur disait dans son enseignement
« écoutez !
voici, le semeur est sorti semer
et il est arrivé tandis qu'il sème qu'il en est tombé au bord du chemin
    et les oiseaux sont venus et l'ont dévoré
et d'autre est tombé sur le sol caillouteux
    où il n'a pas beaucoup de terre
et aussitôt il a levé
    parce qu'il n'a pas de profondeur de terre
et quand le soleil s'est levé il a été rôti
    et parce qu'il n'avait pas de racine
il a été desséché
et d'autre est tombé dans les épines
    et les épines ont poussé et l'ont étouffé
il n'a pas donné de fruit
et d'autres sont tombés dans la belle terre
    et ont donné du fruit, montant et croissant
et portant
    l'un trente
    et un autre soixante
    et un autre cent »

    et il disait
« qui a des oreilles pour entendre
    qu'il entende ! »
    
mais quand il fut dans un lieu solitaire
ceux d'autour de lui avec les douze
    le questionnaient sur les paraboles
    et il leur disait
« à vous
    a été donné le secret du royaume de Dieu
tandis qu'à ceux du dehors
    tout arrive en paraboles
si bien que
    "regardant ils regardent mais ne voient pas
    et entendant ils entendent mais ne comprennent pas
de peur qu'ils ne soient bouleversés
    et qu'il leur soit pardonné" »

    et il leur dit :
« Vous ne voyez pas cette parabole ?
alors toutes les paraboles
    comment les connaîtrez-vous ?
le semeur c'est la parole qu'il sème
alors ceux qui sont au bord du chemin
    où est semée la parole
et qu'ils l'ont entendue
    aussitôt vient le satan
et il enlève la parole semée en eux
et de même ceux qui sur le sol caillouteux sont semés
eux quand ils entendent la parole
    aussitôt avec joie ils la reçoivent
mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes
    mais ils sont versatiles
alors que survienne affliction ou persécution
    à cause de la parole
aussitôt ils chutent
et autres sont ceux semés dans les épines
eux ont entendu la parole
mais les soucis de ce monde
    et l'appât de la richesse
    et les désirs de tout le reste
pénétrant en eux asphyxient la parole
et elle devient sans fruit
et ceux qui ont été semés sur la belle terre
ceux-là entendent la parole
    et l'accueillent
et ils portent du fruit
    l'un trente
    et un autre soixante
    et un autre cent »

(Marc 4, 1-20)