Partage d'évangile quotidien
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Ne pas perdre cœur !

Sam. 16 Novembre 2024

Il y avait un juge dans une ville, ne craignant pas Dieu et s'en fichant de l'homme ; et il y avait dans cette ville une veuve, et elle venait à lui en disant : "Rends-moi justice contre mon adversaire !"

Dans les tout premiers temps après la mort de Jésus et ses apparitions, et ensuite encore pendant quelques décennies, les "chrétiens" (puisque c'est ainsi qu'on les a appelés) croyaient que la fin de ces apparitions, le départ de leur héros, n'était que très provisoire, qu'il allait revenir incessamment sous peu, ce serait alors ce fameux "jour du fils de l'homme", autrement dit encore l'instauration pleine et entière, définitive, du royaume, et tous les méchants et mécréants seraient punis, tandis que eux, les bons, entreraient enfin dans la vie éternelle, cette même vie éternelle dont bénéficiait visiblement leur maître.

Et puis le temps passait, le temps passait, et toujours rien ! rien ne change ! les méchants et mécréants tiennent toujours le haut du pavé, et eux les pauvres, les petits, les humbles... Que se passe-t-il donc ? se sont-ils trompés ? Paul témoigne clairement de cette croyance initiale, dans une de ses lettres parmi les plus anciennes (1 Thessaloniciens 4, 17), quand se produisent les premiers cas de croyants qui meurent avant cette venue du royaume ; les gens s'inquiètent (mais alors, ces morts ne pourront pas entrer dans le royaume, c'est fichu pour eux ?), et Paul leur assure que non, que les morts seront au contraire les premiers à y entrer, et ensuite seulement, lui Paul et tous les autres encore vivants, y accéderont...

C'est donc dans ce contexte d'incompréhension — pourquoi le royaume tarde-t-il tant à se manifester — que se situe ce passage. Cela pose éventuellement la question de savoir si Jésus avait réellement prévu, de son vivant, tout cela ! on peut en douter, mais l'explication donnée ici n'en reste pas moins pertinente : Dieu patiente. Les chrétiens sont dans l'attente, plus ou moins exacerbée ? mais Dieu aussi, lui aussi est exactement comme eux, lui aussi est tout autant impatient qu'eux. Quoique, selon toute vraisemblance il a quand même un minimum de patience de plus qu'eux...:) Il a, en fait, une patience infinie ; le mot grec, calqué sur le mot hébreu correspondant, dit littéralement qu'il a un grand souffle, qu'il est donc capable de le retenir très longtemps, avant que sa colère n'éclate...

Comment comprendre alors l'affirmation qui suit immédiatement, qu'il fera quand même justice à ses élus "au plus vite" ? Personnellement je ne vois qu'une explication possible à cette apparente contradiction, à savoir que la justification des uns n'a aucun rapport avec l'éventuelle condamnation des autres. Ce sont eux qui posent la question en ces termes, dont il faut bien dire qu'ils ressortent d'une mentalité digne d'une cour d'école maternelle, et encore ! comme si ils avaient besoin que les méchants soient punis pour être sûrs que eux sont les bons ! Qu'est-ce que c'est alors que cette soit-disant "foi" dont ils se gargarisent ? Telle est en tout cas la question finale, qui veut les interpeler : si votre foi n'est que ça, eh bien vous avez du pain sur la planche, avant ce retour du fils de l'homme dont vous faites votre espérance !

 

 

    et il leur disait une parabole
qu'il leur faut toujours prier
et ne pas perdre cœur
    disant

« il y avait un juge dans une ville
    ne craignant pas Dieu
    et s'en fichant de l'homme
et il y avait dans cette ville une veuve
    et elle venait à lui en disant
"rends-moi justice contre mon adversaire !"
    et dans un premier temps il ne voulait pas
    mais après il se dit en lui-même
"même si je ne crains pas Dieu
et m'en fiche de l'homme
    cependant du fait que cette veuve me saoule
je lui rendrai justice
afin qu'elle ne vienne pas sans fin me casser la tête »

    et le Seigneur a dit
« écoutez ce que dit le juge d'iniquité !
et Dieu ne ferait pas justice à ses élus
    criant vers lui jour et nuit
    et lui patientant avec eux ?
je vous dis qu'il leur fera justice au plus vite

cependant quand le fils de l'homme sera venu
    trouvera-t-il alors la foi sur la terre ? »
    
(Luc 18, 1-8)