C'est moi qui vous donnerai une bouche et une sagesse
Trouver Dieu, tout autant présent qu'insaisissable, faire pourtant l'expérience de cette présence, lui faire confiance, la suivre, la laisser nous façonner ainsi, nous transformer, nous réaliser...
Voici une description assez précise des tout débuts du christianisme, les antagonismes, et les persécutions ; dans un premier temps antagonismes avec les autorités religieuses : c'est la guerre entre ceux qui revendiquent être les seul héritiers du judaïsme. Ce n'est pas nouveau au sein de cette tradition religieuse, on le sait particulièrement depuis qu'on a retrouvé les "manuscrits de la mer morte", incluant la littérature spécifique des esséniens. Les conceptions de ce que c'est qu'être juif ne sont donc pas unanimes, loin de là, très loin même, et les chrétiens, de ce point de vue, ne sont pas une exception. Ce qu'on peut se demander, par contre, c'est la raison pour laquelle ils ont tenu à rester inscrits dans cette tradition-là, et s'ils ont bien raison de s'en revendiquer encore aujourd'hui.
Les religions, toutes les religions, sans aucune exception, sont comme les œuvres d'un concours de châteaux de sable. Chaque équipe est fière de sa réalisation, et intimement persuadée que c'est elle qui est la meilleure, la plus belle, la plus fantastique. Mais quand la mer arrive... La réalité de Dieu est incommensurablement au-delà de toute représentation que les religions peuvent en promouvoir ; elles ne sont tout au plus que des escabeaux proposés à qui voudrait se saisir du soleil ou de la lune pour les bercer dans ses bras. Leur utilité est peut-être de rappeler ce seul principe, d'un au-delà d'elles-mêmes, mais quand à être des outils, un chemin, même une simple aide, pour y parvenir, c'est là qu'elles en deviennent au contraire des obstacles, et plus le croyant aura accordé foi à ces supposés moyens, plus son travail s'en trouvera rendu considérablement insurmontable.
Notre aventure avec Dieu, avec ce principe à la fois de transcendance — une présence qui est au-delà de tout, au-delà de toute perception, de toute atteinte, de toute appréhension même —, et à la fois d'immanence — à l'exact opposé, une présence en absolument tout ce qui est, y compris en moi-même évidemment, ce qui ne la rend justement et paradoxalement pas plus saisissable —, cette aventure-là, donc, ne peut être d'évidence que la nôtre propre, absolument personnelle, absolument unique. Elle peut avoir des points communs avec celle d'autres personnes, c'est même une constante, quand on échange avec d'autres qui sont dans ce même genre d'aventure, cette même démarche hors de tout sentier battu, que de constater qu'on le sait immédiatement d'un savoir hors de tout doute, qu'on reconnaît aussitôt des frères et sœurs, bien que les histoires, les origines, les formes mêmes, des itinéraires peuvent être jusqu'aux antipodes les unes des autres.
Dans le christianisme (puisque ces billets se basent sur ses écrits de référence que sont les évangiles, et que c'est ma religion d'origine), plus précisément dans le christianisme trinitaire, la transcendance est personnifiée par la figure dite du Père, le "créateur" qui est donc par là-même au-delà de cette création, au-delà de tout ce qui est, au-delà de l'univers. L'immanence ensuite est personnifiée, elle, par l'Esprit, lui qui est présent à toute chose, plus proche de chacune d'elles qu'elle-même ne l'est. Quant à la troisième personne, qu'on l'appelle le Fils ou le Verbe, elle est la rencontre, le fruit, de la transcendance et de l'immanence, elle est ce que nous en faisons, elle est la manifestation effective de l'univers, de la plus infime particule élémentaire jusqu'aux galaxies, et des cailloux jusqu'à l'homme en passant par les plantes et les animaux. Le Fils ou le Verbe est l'univers lui-même, à la fois son ensemble, et à la fois chacun de ses éléments.
Mais dire cela...
/image%2F0553225%2F20241127%2Fob_20520a_20230906.jpg)
mais avant tout cela
on jettera les mains sur vous
et on vous persécutera
et on vous livrera aux synagogues et aux prisons
vous emmenant devant rois et gouverneurs
à cause de mon nom
cela résultera pour vous en un témoignage
mettez donc dans vos cœurs
de ne pas préméditer votre défense
car c'est moi qui vous donnerai
une bouche et une sagesse
à quoi ne pourront s'opposer ni contester
aucun de vos adversaires
et vous serez livrés
même par parents et frères et proches et amis
et ils en feront mourir parmi vous
et vous serez haïs par tous
en raison de mon nom
mais nul cheveu de votre tête ne se perdra
c'est par votre endurance
que vous gagnerez vos âmes
(Luc 21, 12-19)
