Partage d'évangile quotidien
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Levons-vous, allons-nous en d'ici !

Mar. 9 Mai 2023

Je m'en vais, mais c'est pour mieux revenir.


"comme un petit enfant contre sa mère" : cette image du Psaume 131(130) pourrait en général le mieux évoquer la paix dont il est question ici, cette confiance absolue, cette confiance sans l'ombre d'un doute, qui est le vrai sens du mot "foi", avoir la foi, par contraste avec le vocabulaire de la croyance, du "je crois", qui, au moins dans son sens actuel en français, implique qu'il pourrait tout aussi bien en être autrement. Dire "je crois", c'est dire en même temps "je ne suis pas sûr".

Évidemment, la confiance qu'a le nourrisson en sa mère, d'une part est très intéressée, et d'autre part, il n'en a pas vraiment le choix, il est tout dépendant d'elle pour sa survie. Eh bien, c'est exactement notre cas par rapport à Dieu, et ce n'est pas un hasard si c'est un des thèmes centraux dans les paroles de Jésus, qu'il nous faut impérativement redevenir semblables à ce nourrisson, car c'est bien une telle confiance qu'il vit envers le Père (que, de ce point de vue, on pourrait nommer plus exactement "la Mère"), et à laquelle il nous invite.

Et tout le paradoxe de la seconde naissance est là : elle nous procure à la fois une paix comme seule l'image du nourrisson peut nous l'évoquer, et à la fois elle va nous interdire tout repos, nous interdire de nous y installer, de planter là nos tentes, de nous construire un temple qui sera la maison de notre dieu, une religion qui sera le chemin à suivre pour le trouver, des dogmes qui définiront qui il est ; nous devenons nomades, sans même une pierre en guise d'oreiller pour dormir, des étrangers sur terre, présents dans le monde mais plus du monde.

Oui, et c'est le paradoxe de Dieu à la fois transcendant et immanent, à la fois au-delà de tout ce qui est et à la fois présent en tout ce qui est. Par sa présence, consciente, en nous, nous voilà rassurés, nous l'avons trouvé, nous ne pourrons jamais le perdre, quoi qu'il nous arrive il est toujours avec nous puisque en nous. Mais il nous échappe aussi, il est en même temps autre que nous, et aussi transparents à lui que nous puissions devenir nous ne serons jamais lui ; le chemin est infini, y compris (et surtout ?) après notre mort : le Père est plus grand — Dieu est plus grand — et le sera toujours.

Levons-vous, allons-nous en d'ici !

 

 

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ;
    pas comme le monde donne, moi je vous donne.

Que votre cœur ne se trouble pas,
    ne vous effrayez pas non plus !
vous avez entendu que je vous ai dit
    "je m'en vais, et : je viens vers vous".

Si vous m'aimez, vous vous réjouirez
    que je parte vers le Père,
car le Père est plus grand que moi.

Je vous ai dit cela maintenant, avant que cela n'arrive,
    pour que, quand cela arrivera, vous croyiez.

Je ne parlerai plus beaucoup avec vous,
car il vient, le chef du monde, et en moi il n'a rien,
mais pour que le monde sache
    que j'aime le Père,
comme le Père m'a commandé, ainsi je fais.

Levez-vous, allons-nous en d'ici !

(Jean 14, 27-31)

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