Partage d'évangile quotidien
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Seconde mort

Sam. 15 Juillet 2023

La Géhenne désigne une vallée proche de Jérusalem, dans laquelle les enfants premiers-nés étaient sacrifiés au dieu Moloch en les jetant vivant dans une fournaise. La coutume de sacrifier les premiers-nés aux dieux était courante dans le proche-orient, comme en témoigne l'histoire d'Abraham voulant sacrifier Isaac. Quand les israélites prirent possession de leur terre promise, ils y trouvèrent des peuples qui pratiquaient cette coutume, et semblent bien s'y être adonnés eux aussi, pratique bien sûr combattue par les prophètes. Si on considère que l'âme est première par rapport à la matière dont notre corps est tissé, on peut la voir en quelque sorte symboliquement comme première-née ; être jeté dans la Géhenne, c'est donc bien plus que la mort corporelle où seule la poussière (la matière) retourne à la poussière, mais c'est bien l'âme qui meurt elle aussi, ce qu'on appelle aussi parfois la seconde mort.

De nos jours, dira-t-on, nous ne sacrifions plus nos premiers-nés à Moloch, d'ailleurs nous ne croyons plus en aucun dieu, donc aucun risque de ce côté. Est-ce bien sûr ? Vraiment ? Nous n'avons plus d'idoles ? Rappelons-nous qu'une idole, c'est une image que se fabriquent les hommes en leur attribuant des qualités qu'elle n'a pas. C'est ce qui est censé pouvoir expliquer tout ce qui nous semble inexplicable et qui nous dépasse : si la terre tremble, c'est l'idole ; si le déluge nous noie, c'est l'idole ; si la canicule frappe, c'est l'idole ; etc., etc. L'idole est théoriquement capable de donner une explication à tout. De nos jours, l'idole à laquelle notre société mondiale croit désormais, s'appelle en vérité la science : c'est la science, et la science seule, qui forcément, un jour, nous donnera des réponses à toutes les questions que nous nous posons ; rien ne peut échapper à la science.

Par "science", on entend évidemment la seule qui soit sérieuse : la science objective, celle qui établit des faits de façon absolument extérieure à celui qui les constate, tels que n'importe qui d'autre puisse les constater lui aussi. Pour ceux qui tiennent cette science-là comme seule capable de tout expliquer, tout le reste ne peut être que fantasmes, pure subjectivité sans aucune valeur ni intérêt. D'ailleurs, cette même science l'aurait établi et prouvé par a + b. Il serait prouvé que tout ce que certains appellent leur vie intérieure n'est qu'illusion, un pur produit de nos hormones et de nos neurones : nos sentiments, nos états d'âme, notre conscience. Même notre libre arbitre, cette impression que nous avons de pouvoir faire des choix qui engagent notre responsabilité, ne serait que mensonge, cela aurait été rigoureusement prouvé : nos décisions sont prises par notre cerveau avant même que nous ayons la "conscience" — illusoire — de les prendre (expérience de Libet) !

Que dire après ça ? Monsieur le juge, je regrette, mais ce n'est pas ma faute si j'ai tué mon voisin parce qu'il m'avait regardé d'un œil qui ne m'avait pas plu, ce n'est pas ma faute si je viole toutes les femmes que je croise, ce n'est pas ma faute si j'aime torturer les crouilles et les niakoués, c'est la faute à mon cerveau, c'est lui qui choisit à ma place de faire ce que je fais... moi je ne suis que cette machine, très complexes bien sûr, la plus complexe peut-être qui existe dans tout l'univers, mais je ne suis rien d'autre. D'ailleurs, vous pouvez le demander aux scientifiques, ils vous le confirmeront, c'est eux qui me l'ont dit. Vous vous croyez peut-être plus fort que les scientifiques, vous ?

 

 

Il n'est pas de disciple
    au-dessus du maître,
ni de serviteur
    au-dessus de son seigneur ;
il suffit au disciple
    de devenir comme son maître,
et au serviteur,
    comme son seigneur.

S'ils ont appelé le maître de la maison Béelzéboul,
    combien plus ceux de sa maison !
donc, ne les craignez pas,
car rien de caché
    qui ne sera révélé,
ou de secret
    qui ne sera connu :
ce que je vous dis dans le noir,
    dites dans la lumière,
et ce que vous entendez dans l'oreille,
    proclamez-le sur les toits !

Ne craignez pas ceux qui, tuant le corps,
    ne peuvent cependant pas tuer l'âme,
mais craignez plutôt qui peut
    faire périr et âme et corps dans la géhenne !
Est-ce que deux moineaux ne se vendent pas un sou ?
    or pas un d'eux ne tombe par terre
    à l'insu de votre père !
et vous, même les cheveux de votre tête,
    sont tous dénombrés !
Donc, ne craignez pas :
    plus que beaucoup de moineaux,
    vous êtes précieux, vous !

Aussi, qui se déclarera pour moi
    devant les hommes,
je me déclarerai, moi aussi, pour lui
    devant mon père qui est dans les cieux,
et qui me reniera
    devant les hommes,
je le renierai, moi aussi,
    devant mon père qui est dans les cieux !

(Matthieu 10, 24-33)

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