Partage d'évangile quotidien
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Caricatures blasphématoires

Lun. 30 Octobre 2023

De la liberté totale des hommes de pervertir Dieu dans les représentations qu'ils se font de lui, et des conséquences, qu'il faut bien qualifier de démoniaques, qui s'en suivent.

Encore une guérison un jour de shabbat ! il faut reconnaître qu'il y en a un certain nombre qui sont rapportées dans les évangiles, cela semble avoir été un thème important, que ce soit dans les controverses de Jésus avec ses coreligionnaires ou dans celles du christianisme naissant avec le judaïsme traditionnel. Celle d'aujourd'hui est propre à Luc, et comporte de notable cette remarque qui prêterait à sourire du "chef" de la synagogue à ses ouailles : pour respecter le repos du shabbat, ne venez vous faire guérir que les autres jours de la semaine !

Comme les évangiles ne nous parlent pas de Jésus se rendant dans une synagogue en d'autres circonstances que les jours de shabbat, on pourrait en conclure que ce chef de synagogue voudrait en fait par là ne pas avoir à être témoin du tout de ces guérisons ? Mais il faut sans doute faire surtout attention à ce qui nous est dit précisément de cette guérison : sans avoir rien fait , Jésus annonce à cette femme "tu as été guérie". Ce n'est pas lui qui guérit, il constate seulement que cette femme a été guérie, et ce qu'il fait ensuite vise seulement à lui permettre d'en prendre conscience, d'y croire, d'oser le constater par elle-même : oui, elle peut se redresser, la contrainte qui s'exerçait sur elle depuis si longtemps a bel et bien disparu, loué soit Dieu !

Et c'est bien ainsi qu'il convient de comprendre toutes les guérisons et autres "miracles" qui ont pu se produire réellement en présence de Jésus, mais on doit généraliser encore cela à tout "miracle", à toute guérison inexplicable, à tout phénomène semblant transcender les lois connues de la nature : ce n'est jamais le "guérisseur", le "sorcier", le "guru" ou de quelque autre nom dont on veuille l'affubler, qui agit ; sa présence peut jouer, sa présence joue sans doute, mais uniquement dans le sens d'écarter ce qui fait obstacle, ce qui empêche le don permanent et continu de la vie de s'écouler, de se manifester, d'accomplir son œuvre. La source, elle, de ce don est inaccessible en elle-même, imprenable ; nul ne peut prétendre en être propriétaire, elle est don d'elle-même de tout temps et pour toujours.

Et ce don est absolument gratuit, sans aucune condition, pour absolument tout le monde sans aucune exception. Comment alors prétendre qu'on puisse, seul, en détenir l'unique clé, la révélation insurpassable ? ou encore comment s'imaginer qu'on ait été, soi seul, choisi, préféré, parmi tous les autres peuples, pour une alliance exclusive de tous temps et pour toujours ? Orgueils incommensurables, caricatures de Dieu faites à l'image et ressemblance de l'homme. Mais, si les dons de Dieu sont réellement sans limites, il est par contre absolument impuissant contre le péché des hommes, contre leur liberté totale de le pervertir dans les représentations qu'ils se font de lui, et contre toutes les conséquences, qu'il faut bien qualifier de démoniaques, qui s'en suivent.

Heureusement ou malheureusement ?

 

 

Puis il était à enseigner
    dans une des synagogues, un jour de shabbat,
et voici une femme
    ayant un esprit d'infirmité depuis dix-huit ans,
et elle était pliée en deux
et incapable de se redresser complètement ;
    Jésus la vit alors et l'interpela et lui dit :
« Femme, tu a été délivrée de ton infirmité ! »
et il lui imposa les mains
et à cet instant elle fut redressée et elle glorifiait Dieu.

Alors le chef de synagogue intervint, s'indignant
    que Jésus ait guéri un shabbat,
    et il disait à la foule :
« Il y a six jours pendant lesquels il convient de travailler,
    ceux-là donc venez pour être guéris,
et non le jour du shabbat ! » ;
    alors le Seigneur lui répondit et dit :
« Tordus !
Chacun de vous, le shabbat, ne délie-t-il pas
    son bœuf ou son âne de la mangeoire
et, l'ayant amené, ne le fait-il boire ?
et celle-ci, qui est une fille d'Abraham
    et que le satan a liée voici dix et huit années !
ne convenait-il pas qu'elle fut délivrée de ce lien
    le jour du shabbat ? »

Et à l'énoncé de ces paroles siennes,
    tous ses adversaires étaient couverts de honte,
et toute la foule se réjouissait
    de toutes les merveilles qui se produisaient par lui.

(Luc 13, 10-17)

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