Comme un incendie...
...ou comme un cœur brûlant
C'est quoi, ce feu ? Le feu est une image plutôt dévastatrice, surtout "jeté sur la terre", on ne peut alors que penser à un incendie, qui va tout ravager, et nous connaissons particulièrement ce que ça signifie, en ces temps de dérèglement et réchauffement climatique !
Déjà Jean le Batiste en parlait : "Lui (Jésus) vous baptisera en Esprit saint et en feu", et, à la Pentecôte, quand cet Esprit vient sur la centaine de disciples rassemblés dans l'attente, il se manifeste, d'abord sous la forme d'un vent violent qui emplit toute la maison, puis sous celle de "comme un feu se divisant en flammes se posant sur chacun d’eux". Il semble alors difficile de sortir de cette identification, ce feu que Jésus est "venu jeter sur la terre", c'est l'Esprit saint, l'Esprit de Dieu.
Est-ce à dire pour autant que cet Esprit n'était pas déjà présent ? ce serait difficile à croire, sachant que c'est lui qui était déjà présent avant même la création, avant même la manifestation de l'univers, et que c'est même lui qui va créer, qui va manifester, tout ce qui est, et il reste présent de toute éternité en tout ce qui est. C'est ce qu'on appelle l'immanence de Dieu, Dieu est présent en tout ce qui est, si Dieu cessait d'être présent en quoi que ce soit, ce quoi que ce soit disparaîtrait aussitôt, mais cela n'arrive jamais. L'immanence, c'est l'être, tout simplement.
Il n'y donc pas à proprement parler de "venue" de l'Esprit en nous, il est déjà là depuis notre origine, quelle qu'elle soit. Mais il l'est confusément, obscurément — c'est le moins qu'on puisse dire pour la plupart d'entre nous —, pour notre conscience. La "venue" de l'Esprit, c'est en fait cela, quand cette présence nous devient perceptible, comme une évidence, mieux encore une certitude, un fait, établi.
Ce qui ne veut pas dire qu'à partir de ce moment-là nous soyons arrivés au bout du chemin, c'est même le contraire, c'est juste que nous y avons alors mis un premier pas... mais se mettre à vivre de et dans cette présence est comme un retournement, un bouleversement, et il est certain qu'on change alors comme de paradigme, ce qui peut expliquer que les règles sociales antérieures peuvent nous sembler obsolètes, particulièrement les liens familiaux, les liens du sang comme on dit.
Non que nous devions nécessairement nous opposer aux membres de nos familles, mais bien plutôt que nous sommes devenus membres d'une famille beaucoup plus large, celle de toute l'humanité, et même encore au-delà, de tout ce qui vit, de tout ce qui est.
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C'est un feu que je suis venu jeter sur la terre,
et comme je voudrais
que déjà il soit allumé !
mais c'est d'un baptême que j'ai à être baptisé,
et combien je suis oppressé
jusqu'à ce qu'il soit accompli !
Croyez-vous que je suis arrivé pour donner la paix sur la terre ?
non, je vous dis, mais bien la division,
car dès maintenant ils seront
cinq divisés dans un même logis,
trois contre deux, deux contre trois :
ils seront divisés
père contre fils et fils contre père,
mère contre fille et fille contre mère,
belle-mère contre sa belle-fille et belle-fille contre la belle-mère !
(Luc 12, 49-53)

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