À l'opposé du père fouettard
Rencontrer Dieu, rencontrer la transcendance, en face à face, c'est vivre, c'est faire l'expérience, d'une présence aimante, bienveillante, toute attentionnée.
Toute première excursion en-dehors des frontières, et déjà le premier abus : annonce-leur "tout ce que YHWH a fait pour toi", mais lui proclame "tout ce qu'avait fait pour lui Jésus". C'est humain. Jésus dit clairement que ce n'est pas lui-même qui a agi, c'est Dieu qui l'a fait, même si c'est par son intermédiaire à lui, Jésus. C'est Dieu qui guérit, qui délivre, qui libère. Mais lui, l'ancien possédé, n'a retenu que ce qu'il a vu, que ce qu'il sait. Est-ce Dieu, et plus particulièrement est-ce le Dieu des Juifs, leur YHWH ? comment pourrait-il le dire, lui le païen, lui le goy ; qu'est-ce qu'il en sait ? La seule chose dont il soit certain, c'est qui a ordonné aux démons qui le hantaient de sortir de lui, c'est pour lui qu'il fera de la pub...
Et le christianisme a suivi cette même voie, interposant la figure de Jésus entre les hommes et Dieu. C'était inévitable ? c'est en tout cas humain. Déjà les hébreux en avaient fait autant, ils ne voulaient pas avoir affaire directement avec YHWH, ils ne voulaient pas entendre sa voix ni le voir, c'était bien assez que des prophètes s'en chargent. Et puis c'est plus pratique comme ça, parce que tout en se prétendant le peuple élu, le peuple préféré de ce Dieu, on pouvait se moquer de ce que disaient les prophètes, ne pas en tenir compte, les mettre à mort même, pour oser venir nous déranger, nous juger. Vraiment très pratique comme arrangement ! tous les avantages, apparemment, sans aucun inconvénient...
Et c'est bien ce qu'a continué de faire le christianisme : Jésus le nouveau bouc émissaire, celui qui a pris sur lui tous les péchés du monde, le rédempteur, le sauveur. Et de charger les Juifs de tous les maux, peuple déicide, ils ont tué notre prophète, mais nous, si nous y avions été, nous ne l'aurions pas fait. Sûr ! sûr de sûr ! voire... mais ne devrions-nous pas plutôt les remercier, puisque c'est grâce à eux que le sacrifice a pu avoir lieu... sans eux, Jésus ne mourait pas sur la croix, il ne pouvait donc pas s'offrir au Père comme la seule victime expiatoire qu'il puisse accepter. Dans le fond, ce sont donc eux qui ont accompli la volonté de Dieu ; ou bien ?
Ou bien tout ceci n'est que délire, issu de cette peur de voir "Dieu" en face, alors que cela encore n'est que contradiction, non sens absolu. Tous les témoignages disent que c'est l'inverse. Rencontrer Dieu, rencontrer la transcendance, c'est vivre, c'est faire l'expérience, d'une présence aimante, bienveillante, toute attentionnée, à l'opposé absolu du père fouettard, du juge, du policier, qui exigerait obéissance au doigt et à l'œil, le petit doigt sur la couture du pantalon... pas étonnant qu'on ait peur de mourir dans ce cas, pas pressé de se retrouver face à face avec un tel personnage !
À moins que ce ne soit l'inverse, la peur de la mort qui crée une telle image de la transcendance ?
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et ils sont arrivés de l'autre côté de la mer
au pays des Géraséniens
et étant sorti de sa barque
aussitôt l'a rencontré,
venant des tombeaux, un homme dans un esprit impur
qui avait son habitation dans les tombeaux
et personne, même avec une chaîne, ne pouvait plus l'attacher
— en effet souvent avec des entraves et des chaînes
il avait été attaché
mais les chaînes avait été éclatées par lui et les entraves cassées —
et personne n'avait la force de le dompter
et il était sans cesse nuit et jour
dans les tombeaux et dans les montagnes
criant et se tailladant avec des pierres
et ayant vu Jésus de loin
il courut et se prosterna devant lui
et criant d'une voix forte il dit
« qu'y a-t-il de moi à toi
Jésus fils de Dieu le Très Haut ?
je t'adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! »
car il lui disait
« sors de l'homme, l'esprit impur ! »
et il l'interrogeait « quel est ton nom ? »
et lui de dire « Légion est mon nom
parce que nous sommes nombreux »
et il le suppliait beaucoup
qu'il ne les envoie pas hors du pays
or il y avait là vers la montagne
un grand troupeau de cochons en pâture
et ils le supplient en disant
« envoie-nous vers les cochons
que nous entrions en eux »
et il les autorisa
alors étant sortis, les esprits impurs
entrèrent dans les cochons
et le troupeau se précipita
en bas de l'escarpement dans la mer
— à environ deux mille —
et ils se noyèrent dans la mer
et ceux qui les paissaient s'enfuirent
et rapportèrent à la ville et aux champs
et ils vinrent voir ce qui s'était passé
et ils arrivèrent vers Jésus
et ils voient le démoniaque assis
vêtu et sain d'esprit
lui qui avait eu le Légion
et ils eurent peur
et ceux qui avaient vu leur racontèrent
comment c'était arrivé
au démoniaque, et pour ce qui est des cochons
et ils se mirent à le supplier
de s'en aller de leur région
et quand il monte dans la barque
l'ex-démoniaque le suppliait
pour être avec lui
mais il ne le lui a pas permis et il lui dit
« va dans ta maison auprès des tiens
et annonce-leur tout ce que YHWH a fait pour toi
et comme il a eu pitié de toi »
et il s'en alla et commença à proclamer dans la Décapole
tout ce qu'avait fait pour lui Jésus
et tous s'émerveillaient
(Marc 5, 1-20)

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