Demain sera un autre jour
C'est là que les perspectives du monothéisme dit abrahamique rejoignent celles des traditions orientales, hindouisme comme bouddhisme notamment, au-delà des apparentes différences de formulation...
Avoir vie éternelle : voilà le Graal après quoi courent les chrétiens, mais aussi avant eux les juifs, et enfin petits derniers les musulmans. Pour toute cette mouvance, qu'on appelle parfois le monothéisme abrahamique, parce qu'ils se réclament tous de l'héritage d'Abraham, il va de soi qu'il est souhaitable, hautement désirable, de pouvoir retrouver, ou poursuivre, une forme de vie après notre mort. Poursuivre : parce qu'il faut bien qu'il y ait quelque chose de moi qui ne meure pas, sinon ce n'est pas moi mais un autre qui vivra cette autre vie ; retrouver : parce que cette autre vie sera différente et qu'il y aura donc bien eu perte de celle-ci pour pouvoir y accéder.
Mais quelle serait cette partie de moi qui survivrait pour renaître autrement ? la question n'est pas sans importance, autrement on va forcément se représenter cette autre vie comme fortement similaire à celle-ci, avec selon les sensibilités abondance de partenaires sexuels, abondance de bonne chère et de bons vins, etc. Les récits chrétiens des évangiles ont notamment contribué à orienter dans une telle mauvaise direction : la disparition du corps, suivie de ses apparitions, ont fait penser qu'il y avait eu comme une simple continuité entre les deux, que c'était ce corps-là, ces organes-là, ces cellules-là, même ces molécules-là, qui avaient repris vie, ce qui est hautement improbable.
Heureusement quand même, d'un autre côté, les apparitions soudaines au milieu d'une pièce fermée à clé, par exemple, témoignaient d'une immatérialité pour le moins possible : sinon on ne peut pas passer à travers des murs ! Cette double possibilité de l'état physique ne peut que nous faire penser à cette même caractéristique dans le domaine de l'infiniment petit, dans le domaine quantique, où les éléments peuvent prendre les deux états, particulaire ou ondulatoire, autrement dit matériel ou immatériel. Mais sans aller jusque là, il n'en reste pas moins qu'il semble bien que la matérialité n'était en tout cas plus une obligation pour "le" ressuscité.
Plus nécessité d'un corps, donc. Peu importe que dans cette vie-ci j'aie été petit ou grand, mince ou gros, chevelu ou chauve, noir ou blanc, femme ou homme, dans la vie après la mort je n'aurai plus besoin de jambes pour me déplacer ni de ventre pour me nourrir ni d'yeux pour voir, bref, plus besoin de corps. Mais mes goûts et dégoûts, mes sentiments, mes amitiés et inimitiés, n'y survivront pas non plus en ce cas. Non pas que j'y serai devenu insensible, mais que je n'aurai plus de préférence, tout me réjouira, tout me donnera du plaisir, mon amour englobera absolument tout, tel celui de Dieu.
Tel celui de Dieu : quelle différence restera-t-il alors entre lui et moi ? serai-je encore distinct de lui ? c'est là que les perspectives du monothéisme dit abrahamique rejoignent celles des traditions orientales, hindouisme comme bouddhisme notamment, au-delà des apparentes différences de formulation...
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Jésus leur a dit
« c'est moi qui suis le pain de la vie
qui vient à moi non n'aura pas faim
et qui croit en moi non n'aura pas soif
jamais !
mais je vous l'ai dit
et vous m'aviez vu et vous ne croyez pas
tous ceux que me donne le Père viendront à moi
et qui vient à moi je ne le rejetterai pas
car je suis descendu du ciel
non pour faire ma volonté
mais la volonté de celui qui m'a envoyé
et telle est la volonté de celui qui m'a envoyé
que de tous ceux qu'il m'a donnés
je n'en perde aucun
mais que je le relève au dernier jour
car telle est la volonté de mon Père
que quiconque voit le Fils
et croit en lui
ait vie éternelle
et moi je le relèverai au dernier jour »
(Jean 6, 35-40)

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