Partage d'évangile quotidien
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Noces

Sam. 6 Juillet 2024

Ils ne peuvent pas être dans le deuil, les témoins de l'époux...

Le thème des noces, dans le judaïsme, évoque aussitôt le Cantique des cantiques, lequel parle des noces de YHWH avec son peuple : les relations de Dieu avec le peuple hébreu y sont en effet comparées à un mariage où l'époux est Dieu et l'épouse Israël. En s'identifiant alors à cet époux, Jésus affirmerait-il par là sa divinité : ce serait lui l'époux, il serait Dieu s'unissant à l'humanité, et ses disciples seraient les témoins de cette union ?

Évidemment, si cette affirmation est vraie, alors on comprend que c'est la fin de l'ordre ancien, c'est là la réalisation enfin advenue de ce vers quoi le judaïsme avait tendu jusque là, et cela inaugure donc des temps nouveaux ; les deux images qui suivent veulent parler de la radicalité de ce changement : il n'est pas question de se contenter de rapiécer le vêtement ancien avec une simple rustine, il n'est pas question de conserver l'ancienne outre pour y verser ce vin nouveau ! Ces deux images sont radicales. Elles ne prétendent pas que ce vêtement ou cette outre anciens n'aient servi à rien, elles ne prétendent pas que le judaïsme ait été erroné, mais par contre elles affirment qu'il est désormais caduque. La fleur, aussi belle qu'elle ait pu être, doit s'effacer pour que puisse s'épanouir le fruit.

Cette radicalité de ces deux images, il est plausible qu'elle provienne effectivement de Jésus. Pour ce qui est du thème des noces, par contre, il n'est pas vraisemblable que Jésus l'ait utilisé en s'identifiant ainsi à Dieu lui-même. Tout au plus pouvait-il se considérer comme une figure, une manifestation, de cette union de Dieu avec sa propre humanité, mais pas s'identifier à ce Dieu s'unissant à lui en lui. L'époux est alors effectivement présent à travers lui, mais il n'est pas lui-même cet époux.

C'est ce dont témoigne aussi tout l'évangile de Jean, dans lequel il est sans cesse question de ce que Jésus partage tout avec le Père, tout ce qu'il dit, tout ce qu'il fait, lui viennent du Père, le Père n'a aucun secret pour lui, au point qu'il puisse aller jusqu'à dire que le Père et lui sont un, mais même dans cette affirmation d'unité, subsistent néanmoins deux éléments : le Père, et lui. Il n'y a pas identification de l'un à l'autre, l'homme n'est pas le Dieu, il lui est seulement aussi parfaitement que possible uni, ce qui est déjà beaucoup !

Et c'est ce à quoi nous sommes chacune et chacun aussi invités...

 

 

alors viennent à lui les disciples de Jean
    disant
« pourquoi nous-mêmes et les pharisiens jeûnons souvent
mais que tes disciples ne jeûnent pas ? »
    et Jésus leur dit

« ils ne peuvent pas être dans le deuil
    les témoins de l'époux
    aussi longtemps que l'époux est avec eux
mais viendront des jours
    où leur aura été enlevé l'époux
    et alors ils jeûneront
    
et personne n'ajoute un ajout de tissu neuf
    sur un vieux vêtement
car le rapiéçage tire sur le vêtement
    et il en résulte une déchirure aggravée
    
et on ne met pas non plus du vin nouveau
    dans de vieilles outres
sinon les outres éclatent
    et le vin se répand
    et les outres sont fichues
mais on met du vin nouveau
    dans des outres neuves
et les deux se conservent »

(Marc 9, 14-17)

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