et vous deviendrez mes disciples
Il faut savoir tenir compte du contexte de certaines affirmations pour éviter de leur faire dire ce qu'elles ne voulaient pas dire, sinon, en généralisant leur portée, on en arrive à les transformer en exactement leur contre-sens.
En s'appuyant sur un texte comme celui-ci, on aurait vite fait d'affirmer que le salut pour tout humain de tout temps et pour toujours ne pourrait passer que par Jésus. C'est ainsi ce qui a justifié le prosélytisme chrétien au long de trop nombreux siècles et jusqu'à l'absurde de l'inquisition qui a pu estimer qu'il valait mieux, pour leur propre bien, tuer les réfractaires, plutôt que de les laisser dans leur "ignorance". On avait cependant oublié une seule chose, c'est que ce genre de discours ne s'adressait qu'à certains Juifs parmi, au milieu de, tous les Juifs, et que, dans ce cadre là, s'il se justifiait, c'était par la révolution, ou la sublimation, du judaïsme à laquelle Jésus initiait.
De fait, naître à l'Esprit, entrer en relation directe et personnelle avec le Père, cela n'était le moins du monde proposé ni même suggéré par aucune autre "école" du judaïsme de l'époque, ni les sadducéens, encore moins les esséniens, mais pas même non plus les pharisiens (quoique certains de ces derniers pouvaient s'en approcher). Dans ce cadre-là, restreint, de la religion, de la société, dans lesquelles il vivait, Jésus — ou plus vraisemblablement ses disciples eux-mêmes — pouvait effectivement faire de telles affirmations, qu'il n'y avait qu'en passant par lui, en prenant modèle sur lui, qu'ils pouvaient accéder ainsi au Père, les autres n'ayant pas la capacité de leur faire une telle offre.
Ce qui est malheureux, c'est que tant de siècles plus tard, alors qu'on a découvert depuis qu'il existait, qu'il a existé de tout temps, d'autres spiritualités dans le monde que le monothéisme abrahamique, on en soit encore resté globalement à ce quant-à soi selon lequel la nôtre, ma religion, est la seule à avoir tout compris, la seule qui puisse me mener jusqu'au bout, jusqu'au sommet, toutes les autres étant forcément affectées de telle ou telle tare par rapport à la mienne... Effarant ! car de tels comportement prouvent que, au contraire, on n'a rien compris, on n'a justement pas dépassé la lettre de sa tradition, on n'en est encore à la comprendre qu'avec des yeux de chair et non avec ceux de l'esprit, on en est resté à des préceptes humains et non à la parole transcendante qui alors, et seulement alors, peut réellement prendre sens pour tout le monde, quelle que soit ma tradition d'origine.
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moi je suis la vigne la vraie
et mon Père est le vigneron.
tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit
il l'enlève
et tout sarment qui porte du fruit
il l'émonde afin qu'il porte plus de fruit
vous êtes déjà émondés vous
à cause de la parole que je vous ai dite
demeurez en moi ! — et moi en vous
de même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même
s'il ne demeure pas dans la vigne
de même vous non plus
si vous ne demeurez pas en moi
moi je suis la vigne
vous êtes vous les sarments
qui demeure en moi — et moi en lui
celui-là porte beaucoup de fruit
car séparément de moi vous ne pouvez rien faire
si quelqu'un ne demeure pas en moi
il est jeté dehors comme le sarment et il est desséché
et on les rassemble et on les jette au feu
et il brûle
si vous demeurez en moi
et que mes paroles demeurent en vous
demandez ce que vous voudrez
et cela se produira pour vous
en ceci mon Père est glorifié
que vous portiez beaucoup de fruit
et vous deviendrez mes disciples
(Jean 15, 1-8)

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