Depuis la fondation du monde
Nous sommes libres de faire de notre vie une œuvre d'art, ou de la laisser n'être qu'un parmi des milliards d'exemplaires du seul et même objet manufacturé, mais en ce dernier cas elle n'aura servi à rien.
Tous les débuts, de ce qui plus tard peut-être deviendra grandiose, ou encore finira par sembler être une évidence depuis toujours, tous ces débuts sont forcément minuscules et fragiles. Il en va de même tant pour ce qui deviendra un mal que pour ce qui deviendra un bien. Au commencement de toutes les tyrannies, de tous les fascismes, de toutes les babylones, de tous les empires, il n'y a que quelques événements et coïncidences a priori fortuits, et il aurait suffi de peu pour que cela soit tué dans l'œuf. En même temps, il est vrai aussi que, pour que la mayonnaise prenne, il fallait qu'il y ait quand même un terrain qui s'y prête, en sorte qu'on pourrait dire que si ce n'était pas Hitler ou Netanyahou, cela aurait pu être à chaque fois un autre, et cela aurait mené au même résultat.
Ceci est vrai, et pourtant, d'une part lesdites propriétés du terrain ne peuvent en aucun cas servir d'excuse, et d'autre part, même avec de telles propriétés, il peut suffire, il aurait pu suffire, aussi d'une seule personne qui ait d'autres perspectives, et qui y soit profondément ancrée, pour que l'histoire se déroule, se soit déroulée, autrement. Non pas que toute une population profondément raciste, par exemple, puisse changer d'optique du jour au lendemain, comme on le voit en Afrique du Sud, mais choisir quand même, et se mettre à écrire, une autre histoire, si, c'est tout-à-fait possible. Les mentalités peuvent mettre du temps à changer, mais si petit à petit que ce soit, la fermeté dans la continuité finissent par être payantes, elles aussi.
Ceci dit, nous ne verrons pas forcément toujours le fruit de nos efforts en ce sens, de notre vivant ! Alors, comme notre culture nous a de plus en plus persuadés qu'il n'existe rien après notre mort, et que nous ne sommes que de la matière et rien d'autre, nous ne voyons en conséquence aucune raison de nous comporter d'une quelconque manière morale si on ne nous l'interdit pas, ou même si on nous l'interdit mais que nous sommes sûrs de ne pas "être pris", de ne pas avoir à en rendre compte à qui que ce soit ou quelque instance que ce soit. Effectivement, puisque nous ne serions que des espèces de machines, avec quand même cette drôle de chose pour une machine qu'est ce besoin de protéger et prolonger notre existence à tout prix, seul compte alors pour nous cet objectif-là.
Des machines dans lesquelles aurait été programmé l'impératif de leur pérennité, si c'est vraiment ce que nous sommes, alors nous en voyons le résultat, quand nous nous laissons entraîner au gré des modes et des mouvements de masse, à la remorque de la première "locomotive" venue, foules décervelées sans autre perspective que du pain et des jeux... Pourtant, oui, la toute petite graine peut donner un arbre, et trois fois rien de levain peut faire lever une grande quantité de farine, mais avec quand même une, et une seule, condition : persévérer sans faille dans notre être qui est bien autre chose que ce supposé esclavage d'une nature soit-disant aveugle qu'on cherche à nous vendre !
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il leur offrit une autre parabole en disant
« le royaume des cieux est semblable à
une graine de moutarde
qu'un homme a prise et semée dans son champ
qui certes est plus petite que toutes les semences.
mais quand elle a crû
elle est plus grande que les plantes du jardin
et elle devient arbre
si bien que les oiseaux du ciel viennent
et nidifient dans ses branches »
il leur a dit une autre parabole
« le royaume des cieux est semblable à
du levain
qu'une femme a pris et enfoui
dans trois panerées de farine
jusqu'à ce que tout en ait été levé »
tout cela Jésus l'a dit aux foules en paraboles
et il ne leur disait rien sans parabole
afin que soit accomplie la parole dite par le prophète
"j'ouvrirai ma bouche en paraboles
je proclamerai des choses cachées depuis la fondation"
(Matthieu 13, 31-35)

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