Brebis égarées
« Celui qui entraînera la chute d'un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu'on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu'on l'engloutisse en pleine mer.
« Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l'une d'entre elles s'égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s'il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.
« Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu'un seul de ces petits soit perdu. »
Il y a égarement et égarement.
Une brebis s'égare dans la nature au cours d'une journée de pâture ; c'est elle qui s'est égarée, mais c'est le berger qui en est responsable, il aurait dû la surveiller.
Un enfant se perd dans la vie par la faute d'un adulte, qui a abusé de son autorité et/ou de sa force : l'enfant ne s'est pas égaré, il a été perdu. Chargé sur ses épaules d'un poids plus lourd que lui-même, un mur s'est érigé entre lui et son avenir, il coule. Etrange ressemblance avec le châtiment promis à son tortionnaire.
Et qui se fera son berger? Qui ne se sent pas responsable ?

