Jeu d'échecs
Jésus et ses disciples reviennent à Jérusalem. Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, les chefs des prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver.
Ils lui demandaient : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Ou bien qui t'a donné autorité pour le faire ? » Jésus leur dit : « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela. Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. »
Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : 'Du ciel', il va dire : 'Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ?' Mais allons-nous dire : 'Des hommes' ? » Ils redoutaient la foule, car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète.
Ils répondent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Alors Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »
'Cela' fait essentiellement référence au coup de balai dans le Temple et aux enseignements que Jésus y prodigue depuis. C'est un bras-de-fer que Jésus vient d'engager. Plutôt que d'attendre que ses ennemis se débarassent de lui plus ou moins en catimini, il décide de se placer sur leur terrain et de l'occuper. "Vous n'êtes pas d'accord avec moi, et bien voyez, je viens pour que nous puissions en discuter"
Remarquons que ces adversaires se gardent bien de discuter du fond de la question. Leur interrogation sur l'autorité de laquelle Jésus se réclame pour divulguer ses points de vue, si elle est usuelle en réthorique juive, est quand même avant tout une façon de ne surtout pas s'aventurer sur le terrain dangereux de la vraie controverse.
Jésus semble alors botter en touche très habilement. Pourtant, en même temps, implicitement, il donne son mentor, le même que celui de Jean : Dieu lui-même. Et puisque cet argument n'est pas recevable, il le leur donne quand même, mais sans qu'ils puissent le lui reprocher.

