Partage d'évangile quotidien
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Irréversibles

Jeu. 4 Novembre 2010

Luc 15, 1-10 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : 

« Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' 

« Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. 

« Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !' 

« De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. » 

 

 

Le fils prodigue, par He-Qi

 

 

voir aussi : Petit troupeau

Les publicains et les pécheurs ne sont pas les seuls à se déplacer pour écouter Jésus. Les pharisiens et les scribes en font bien autant, sinon, comment sauraients-ils que Jésus fait bon accueil aux premiers ? Bref, Jésus ne laisse personne indifférent, et tous veulent voir de plus près le rabbi qui grimpe dans les sondages.

De son côté, Jésus ne fait sans doute, à priori, pas plus mauvais accueil aux pharisiens et aux scribes qu'aux autres. Quelle est donc la différence ? C'est que les uns ne sont pas habitués à ce qu'on ait des égards pour eux, aussi leur coeur se gonfle-t-il de joie lorsque c'est le cas avec ce rabbi-ci. Tandis que les autres, au contraire, habitués à ce qu'on les respecte, et à l'exiger au besoin, ressentent déjà comme une dévalorisation le fait de ne pas recevoir de sa part un traitement privilégié.

Avec de telles prémisses, on peut dire que les pharisiens et les scribes prennent le départ avec un très net handicap. A se demander finalement qui est le plus perdu. Pour qui la conversion est-elle le plus difficile ? Pour le pauvre bougre prêt à éclater de reconnaissance à la moindre miette de sourire (et on comprend alors le sens des béatitudes), ou pour celui qui est tellement imbu de ses certitudes qu'il n'a plus de place pour le moindre doute ?

Finalement, le summum de la joie dans le ciel, ne serait-il pas encore plus pour un seul bien-pensant qui se convertit ?