Partage d'évangile quotidien
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Malin et demi

Ven. 5 Novembre 2010

Luc 16, 1-8 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Jésus disait encore à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu'il gaspillait ses biens. Il le convoqua et lui dit : 'Qu'est-ce que j'entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires.' 

« Le gérant pensa : 'Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n'ai pas la force. Mendier ? J'aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu'une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m'accueillir.' 

« Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : 'Combien dois-tu à mon maître ? - Cent barils d'huile.' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.' Puis il demanda à un autre : 'Et toi, combien dois-tu ? - Cent sacs de blé.' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu, écris quatre-vingts.' 

« Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s'était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. » 

 

 

Moïse bénit Israël, par He-Qi

 

 

voir aussi : Les biens de ce monde

Voilà une bien curieuse histoire. On se demande pourquoi le maître change d'avis sur son gérant. Certes il a été habile pour limiter les dégats de sa situation, mais cette habileté, encore une fois, a été au détriment des intérêts de son maître. Le maître est encore le grand perdant de ces manigances. La seule différence entre ce que le gérant avait toujours fait et cette fois-ci, c'est que, jusqu'à présent, son profit était direct, immédiat, et pour lui seul, alors que, cette fois-ci, il est direct et immédiat pour d'autres, et indirect, futur et hypothétique pour lui-même.

Notons que le changement de sentiment du maître à l'égard de son gérant ne va pas jusqu'à le faire revenir sur sa décison de le renvoyer. Ce maître défend ses intérêts. Mais il n'en est pas non plus omnibulé, ce qui lui permet de remarquer la différence entre un homme qui le vole à son seul profit et celui qui le vole en faisant profiter d'autres de son larcin.

Notre gérant n'est quand même pas Robin des Bois, et Le récit ne vise pas à nous faire l'éloge du vol. Mais si nous comprenons que les biens de ce monde, d'une manière générale, ne nous appartiennent pas, alors nous pouvons en apprécier la morale : tant qu'à vivre de biens dont nous ne sommes pas propriétaires, sachons au moins les partager.