Anti-sceptiques
Après cela, il sortit et il remarqua un publicain (collecteur d'impôts) du nom de Lévi assis à son bureau de publicain. Il lui dit : « Suis-moi. » Abandonnant tout, l'homme se leva et se mit à le suivre.
Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison ; il y avait une grande foule de publicains et d'autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. »
voir aussi : Collabo
Toute la force de Jésus est là, dans ce dépassement des antagonisme moraux, par un point de vue qui transcende la Loi, qui libère des blocages mortifères. Le collecteur d'impôts, la prostituée, savent très bien, dans leur chair, que leur situation n'est pas nette. Mais ce n'est pas de le leur rappeler qui leur permettra de s'en sortir !
Jésus ne vient pourtant pas leur dire le contraire. "Va, et ne pêche plus" conclut-il même souvent, après. Après quoi ? Après les avoir d'abord accueillis comme ils sont, sans condition, sans préalable. Après avoir accueilli et réveillé cette part d'eux-mêmes, beaucoup plus importante que la forme qu'a prise leur vie actuelle, cette part qui a été enfouie et interdite par les circonstances de leur passé, cette capacité que nous avons tous à nous savoir aimés de Dieu, à nous aimer nous-mêmes, et à aimer le monde.
La morale, les règles, la loi, peuvent être importants pour savoir où on en est, éventuellement pour prendre une décision dans un sens ou dans l'autre. C'est un référentiel, un cadre de vie. Mais ce qui est premier, c'est la vie elle-même. C'est elle d'abord qui a besoin d'être réveillée, désensablée, encouragée, suscitée. Et Jésus était un orfèvre hors pair dans cet art.

