Attention au départ !
Jésus, voyant la foule autour de lui, donna l'ordre de partir vers l'autre rive du lac.
Un scribe s'approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête. »
Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »
voir aussi : Partir ...
Ces deux petites sentences, rapportées ici par Matthieu à l'occasion d'un de ces nombreux changements de rive qu'effectuait Jésus au cours de sa prédication Galiléenne, nous donnent une bonne idée de son état d'esprit lors de cette période. Incapable de prévoir où il se retrouvera le lendemain, voire le soir-même, mais poussé par un sentiment d'urgence. C'est une philosophie de présence au présent : qu'y a-t-il à l'instant qui réclame mon attention, mes forces, tout mon être ? et demain est un autre jour.
On sent le Jésus porté par quelque chose qui le dépasse. C'est un Jésus mystique, prophète. L'Esprit s'est emparé de lui, lui souffle ses mots, l'utilise pour accomplir des signes, qui confirment la véracité de ses enseignements et l'accréditent auprès des foules. Une période heureuse, où son ministère rencontre peu de résistance. Jérusalem est loin, avec ses gardiens de l'ordre établi, ses maîtres sourcilleux de la Loi, ses castes dirigeantes accrochées à leurs bénéfices et privilèges.

