Choisir son camp
« Le disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Le disciple doit se contenter d'être comme son maître, et le serviteur d'être comme son seigneur. Si le maître de maison s'est fait traiter de Béelzéboul, ce sera bien pire pour les gens de la maison.
« Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits.
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps. Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.
« Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
voir aussi : N'ayez pas peur !
Toujours le contexte de rejet des chrétiens par les pharisiens, que nous avons vu hier. Jusque récemment, on s'imaginait que le judaïsme de l'époque de Jésus était similaire à celui que nous connaissons aujourd'hui, c'est-à-dire avec une certaine homogénéité. Nous savons maintenant qu'il n'en était rien. Au temps de Jésus, il y avait de nombreuses 'écoles' — esséniens, pharisiens, zélotes, saducéens, chrétiens, ... — qui se détestaient parfois cordialement les unes les autres, et aucune n'avait plus de légitimité que les autres.
Ce sont les pharisiens qui ont fini par prendre le dessus et imposer leur orthodoxie. Les autres partis, soit ont été obligés de se rallier à leur position, soit ont été exclus comme hérétiques. Les zélotes se sont discrédités par les échecs systématiques de leurs révoltes contre Rome, les saducéens ont perdu leur raison d'être avec la destruction du temple. Les chrétiens, pour leur part, n'ont été écartés qu'à cause de l'activité d'une minorité d'entre eux, de ceux qui, comme Paul, pensaient que le message de Jésus concernait les païens sans que les païens ne doivent auparavant devenir juifs.
Les pharisiens pouvaient tolérer que les chrétiens considèrent Jésus comme le Messie. Mais pas l'idée que le salut puisse atteindre des gens sans qu'ils se fassent circoncire ! On croit rêver, mais c'est bien pour cette histoire d'un petit bout de chair que les chrétiens ont été condamnés comme hérétiques ...

