Voie de justice
Après le départ des envoyés de Jean Baptiste, Jésus se mit à parler de lui aux foules : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ?...
« Alors, qu'êtes-vous allés voir ? Un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent des vêtements magnifiques et mènent une vie de plaisir sont dans les palais des rois. Alors, qu'êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis ; et bien plus qu'un prophète !
« C'est de lui qu'il est écrit : Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour qu'il prépare le chemin devant toi. Je vous le dis : Parmi les hommes, aucun n'est plus grand que Jean ; et cependant le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.
« Tout le peuple qui a écouté Jean, y compris les publicains, a reconnu la justice de Dieu en recevant le baptême de Jean. Mais les pharisiens et les docteurs de la Loi, en ne recevant pas ce baptême, ont rejeté le dessein que Dieu avait sur eux. »
voir aussi : Le chêne et le roseau ?
La voie de Jean n'est sûrement pas celle des vêtements magnifiques et d'une vie de plaisirs ! Jésus semble dire ici que c'est la raison pour laquelle les pharisiens et les scribes ne l'ont pas accueilli : c'est un peu abusif. C'est l'évangéliste qui a fait porter sur eux ce qui s'adressait de manière plus appropriée aux saducéens. Les pharisiens, dans leur ensemble, n'étaient pas motivés par l'argent, plutôt par les honneurs et la reconnaissance sociale, à la différence des saducéens dont les intérêts dans l'institution religieuse tenaient beaucoup à leur portefeuille.
Reste que Jean n'était pas non plus motivé par la prise de contrôle de la population ! Prophète dans la plus pure tradition hébraïque, Jean ne tient aucun compte de sa propre personne. Rien ne le détournera de sa seule raison d'être : parler au nom de Dieu et pour Dieu. C'est ce qui rend son message incisif, et objet de partage tranchant comme une hache, pierre d'achoppement sur laquelle trébuchent tous les tartuffes de son temps.
Et pourtant, aussi pointu que fut Jean, il semble bien, comme nous l'avons vu hier, qu'il trébucha lui-même sur Jésus. C'est dire l'acuité de ce dernier. On ne s'étonne plus que, deux millénaires plus tard, nous nous apprêtions encore à célébrer sa naissance, dans quelques jours.

