Partage d'évangile quotidien
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Nuit de noces

Mar. 23 Octobre 2012

Luc 12, 35-38 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. 

« Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. 

« S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! » 

 

 

Les vierges sages, par He-Qi

 

 

voir aussi : Le monde à l'envers, Maîtres et valets, La tenue de serviteur

Dans un premier temps, après la mort de Jésus, la disparition de son corps, et les événements relatés comme des apparitions et la venue de l'Esprit, il n'est pas question d'attendre un 'retour' de Jésus : il est là, plus vivant que jamais, plus présent en leurs cœurs qu'il ne l'avait été de leur vivant. Il faut se rendre compte que c'était pour eux une réalité tangible. Réellement, ils ont découvert qui avait été Jésus, ils ont découvert l'Esprit du Père, réellement agissant en eux, entre eux, et sur le monde. Qu'est-ce que vous venez nous parler de retour ? il est là, avec nous.

C'est grosso modo la période dont témoigne l'évangile de Marc, qui se terminait sur la découverte du tombeau vide, avant qu'un rédacteur ultérieur n'estime nécessaire de parler des apparitions, comme les autres. Mais à l'époque de Marc, cela suffisait, c'était évident : il n'est plus là, dans le tombeau, puisqu'il est en nous et parmi nous. Il n'y avait pas besoin de le formuler, c'était ce dont chacun faisait l'expérience. Pour une communauté composée de gens qui ont majoritairement connu Jésus de son vivant, c'est implicite. C'est après, quand on s'adresse à des néophytes, des gens qui n'avaient rien suivi, n'avaient pas été au courant, qu'il devient nécessaire d'exprimer ce qu'on vit, de le dire explicitement : c'est comme si Jésus était de nouveau vivant, que nous lui parlions, le touchions même, c'est une force, une énergie, une vision, qui se sont emparés de nous. Les apparitions, l'Esprit.

Et puis, dans un troisième temps, ce qui n'était que des images, des manières de s'exprimer figurativement pour expliquer un phénomène intérieur, tend à devenir une réalité qui aurait été vécue telle quelle, tangiblement, par les premiers témoins. Pour l'Esprit, encore, on peut l'assimiler à l'enthousiasme, l'élan, très contagieux, qui se dégagent de l'église naissante. Il y a là un bouillonnement, une effervescence, par lesquels on peut se laisser gagner. Mais pour la présence de Jésus, c'est plus difficile. Une personne, ce n'est pas comme une force ou un concept, elle a des spécificités, des particularités, qui font que c'est elle et pas une autre. C'est à ce moment que naît l'idée du retour de Jésus. Effectivement, on ne le perçoit plus bien, mais il va revenir, il reviendra. En parallèle, évidemment, la personne historique Jésus tend aussi à s'effacer, à se brouiller. Le concept de Christ finit par occuper tout le devant de la scène. Ce n'est pas vraiment Jésus que l'on attend, c'est le sauveur, le messie, l'archétype du surhomme, du champion de Dieu, bref, tout le bazar que nous connaissons bien...

L'arrivée du maître ? Ne l'attendez pas ! Ce n'est pas lui qui tarde à venir, c'est nous qui tardons à le trouver. Il ne se cache pas, il n'est pas loin, il n'est jamais parti, il est toujours là. Non pas "heureux ceux qui seront prêts le moment venu", mais heureux ceux qui cheminent avec lui, jour après jour, dans une relation d'amitié qui n'en finit évidemment jamais d'avoir à s'approfondir, et heureusement. Oui, nous allons vers une révélation plus pleine, plus entière, mais n'attendons pas pour commencer, sinon nous n'allons vers rien du tout. Bienheureux ceux qui savent cela !