Partage d'évangile quotidien
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Comparution immédiate

Sam. 17 Novembre 2012

Luc 18, 1-8 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Jésus dit encore une parabole pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager : 

« Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : 'Rends-moi justice contre mon adversaire.' 

« Longtemps il refusa ; puis il se dit : 'Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer : je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.' » 

Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice ! Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu'il les fait attendre ? 

« Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » 

 

 

Il frappe à la porte, par He-Qi

 

 

voir aussi : En attendant Jésus, La foi du charbonnier, Incarnation

Il y a effectivement ceux qui comptent sur l'autre monde pour y trouver réparation de tous les méfaits qu'ils ont pu subir de leur vivant. Certes les conditions de la vie après la mort ne sont pas les mêmes que dans ce monde-ci, et ce n'est que lorsque nous aurons franchi cette étape que nous saurons vraiment de quoi il s'agit. Mais s'imagine-t-on vraiment que, s'il n'avait d'abord vécu la transfiguration, de son vivant, Jésus aurait pu faire ensuite l'expérience de la résurrection ? Dans sa transfiguration, Jésus s'est trouvé aussi proche de l'autre monde qu'il est possible à une personne vivante, et c'est ce qui lui a donné le courage de témoigner ensuite de cette réalité en acceptant sa Passion.

Nous ne sommes pas tous, sans doute même aucun de nous ne l'est, capables d'accéder nous aussi à la transfiguration. Il n'en reste pas moins que, ce que nous trouverons dans notre vie après la mort, dépend étroitement de ce que nous aurons vécu dans cette vie-ci. Si nous sommes de perpétuels ronchons, sans aucune capacité à accepter que notre chemin sur terre ne soit pas toujours une allée couverte de roses, ceci ne changera pas comme par magie dans notre vie éternelle.

Si donc le 'juge' suprême ne nous semble pas bien prompt à nous entendre, c'est que nous devons nous poser des questions sur nos revendications. Voilà la vraie foi sur terre. Non pas que nous devions nous résigner aux injustices réelles de ce monde ! Nous avons notre place à tenir, dans la mesure de nos moyens, pour participer à la lutte, être solidaires dans toutes les situations où c'est la volonté des hommes qui cause des torts à d'autres hommes, contribuer à la résolution des conflits, au combat contre les structures qui asservissent, à l'élaboration de nouvelles formes d'organisation plus équitables, plus fraternelles. Car par tout ceci aussi nous préparons notre vie de demain.

Mais il y a encore tout le mal dont les hommes ne sont pas responsables. Les catastrophes naturelles, bien sûr, mais aussi que travailler c'est fatigant, les maladies, les douleurs, et tant de souffrances petites ou grandes, la perte d'un être cher, une journée de pluie. Si nous n'apprenons pas à vivre avec, ne rêvons pas que tout ceci s'évanouira par enchantement dans notre mort. Oh ! ce ne seront pas exactement les mêmes souffrances, bien sûr. Mais nous devons bien comprendre que la mort n'est pas l'extinction de la souffrance. La souffrance fait partie de la vie, de toute vie, y compris de la vie éternelle. Pourquoi attendre, alors ? Apprenons dès maintenant comment l'apprivoiser, comment la regarder en face, et comment en faire notre alliée, même.