Partage d'évangile quotidien
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Appel à témoins

Lun. 6 Mai 2013

Jean 15,22 - 16,4 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

« Si je n'étais pas venu, si je ne leur avais pas parlé, ils n'auraient pas eu de péché, mais à présent leur péché est sans excuse. Celui qui a de la haine contre moi a de la haine aussi contre mon Père. Si je n'avais pas fait parmi eux ces oeuvres que personne d'autre n'a faites, ils n'auraient pas eu de péché. Mais à présent ils ont vu, et cependant ils sont pleins de haine contre moi et contre mon Père. Ainsi s'est accomplie cette parole écrite dans leur Loi : Ils m'ont haï sans raison. 

« Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement. 

« Je vous dis tout cela pour que vous ne risquiez pas de tomber On vous exclura de la synagogue. Et même, l'heure vient où tous ceux qui vous tueront s'imagineront offrir ainsi un sacrifice à Dieu. Ils le feront parce qu'ils ne connaissent ni le Père ni moi. Mais voici pourquoi je vous dis tout cela : quand cette heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l'avais dit. Je ne vous l'ai pas dit dès le commencement, parce que j'étais avec vous. » 

 

 

L'appel de saint Paul, par He-Qi

 

 

voir aussi : Fauteur de péché, Passage de témoin, ... et sans excuse

La venue du 'Défenseur' : il s'agit donc de ce qu'on appelle généralement l'Esprit saint, ou Esprit de vérité comme le définit ici Jean. Les premiers chrétiens ont fait appel à deux grandes images pour essayer de communiquer ce qu'ils ont vécu après la mort de Jésus : ses apparitions d'abord, puis ensuite la venue de l'Esprit. Ce sont deux langages qui veulent parler du même phénomène, mais à deux périodes différentes. Les apparitions ont plutôt été utilisées par les tous premiers témoins, ceux qui avaient connu Jésus de son vivant. La venue de l'Esprit, pour sa part, a plutôt été utilisée pour ceux qui ne l'avaient pas connu. Mais les deux langages servent à dire la même chose : que Jésus est plus vivant après sa mort qu'avant.

Nous pouvons difficilement dire ce qui s'est passé exactement, sous quelle forme précise ces événements se sont concrètement déroulés. Ce qui est certain, c'est qu'il s'est passé quelque chose. Ces disciples qui avaient suivi Jésus, d'abord dans l'enthousiasme et l'espoir d'une restauration du royaume de David dont ils se voyaient déjà les futurs ministres, puis de plus en plus déboussolés et perdus, n'avaient jusqu'au bout rien compris de Jésus. Sa mort a achevé de les dégoûter de tout. Ils ont bien constaté la disparition du corps du tombeau, mais ils l'ont attribuée à une manœuvre des sadducéens pour empêcher que puisse se développer un culte autour de la dépouille de celui qui avait quand même suscité un bel engouement. Ils sont alors retournés chacun dans leurs pénates, en tentant d'oublier leurs déceptions et leur écœurement. Et puis, progressivement sans doute d'abord, ils se sont mis à comprendre, à réaliser à quel point ils étaient passés à côté. La réalité de ce que Jésus avait essayé de leur enseigner a fini par venir leur "pêter à la gueule". C'était tellement énorme que, réellement, pour eux, c'était maintenant que Jésus était le plus vivant pour eux, ils avaient l'impression de découvrir quelqu'un qu'ils n'avaient en fait pas connu jusque là. C'est ce qu'ils ont traduit par le langage des apparitions.

Ces apparitions ne sont pas qu'une image symbolique. L'intensité de leur découverte peut très bien leur avoir fait 'voir' Jésus, pour de vrai, avec leurs yeux. Et il ne conviendrait même pas de traduire alors ces phénomènes en termes d'hallucinations. Ces visions n'étaient pas erronées, elles correspondaient au contraire à une vérité sur Jésus plus profonde que celle qu'ils s'étaient faite avant sa mort, c'était donc bien Jésus qu'ils voyaient, pour de bon. On pourrait presque dire que c'était avant qu'ils ne le voyaient pas vraiment. Ce langage, donc, a plutôt servi à ceux qui l'avaient connu avant sa mort. Mais le plus extraordinaire de cette histoire est maintenant : c'est qu'en parlant à d'autres, qui eux n'avaient pas connu Jésus, de ce qu'ils vivaient, en leur expliquant ce qu'ils étaient en train de découvrir sur lui, ces autres ont en quelque sorte été contaminés. Eux n'avaient pas connu Jésus de son vivant, mais ils le découvraient quand même par les récits qu'on leur en faisait, et ils se rendaient compte eux aussi qu'il y avait là quelque chose de peu banal, c'était une découverte qui les transformaient eux aussi, au point que, eux aussi, pouvaient parler d'un avant et d'un après cette découverte dans leur vie. C'est cette contagion qui a été traduite par le langage de la venue de l'Esprit.

Deux langages, donc, pour parler du même phénomène, celui de découvrir cette personne, Jésus, morte depuis maintenant près de deux mille ans, et pourtant bien plus vivante que beaucoup de vivants ! Une personne avec laquelle nous nous mettons à entretenir une relation, qui nous sert d'exemple, de modèle, de confident parfois. Le langage de l'Esprit nous convient bien sûr mieux, à nous qui venons si longtemps après les faits rapportés dans les évangiles ! Cet Esprit est désigné par différentes dénominations ou attributs : 'Défenseur' ici, 'Consolateur' ailleurs, Esprit saint, Esprit de vérité. Ces différentes expressions traduisent différents aspects du phénomène, mais nous y reviendrons au cours de la semaine, les textes proposés par la liturgie nous en donneront l'occasion.