Partage d'évangile quotidien
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C'est contagieux ?

Mar. 29 Octobre 2013

Luc 13, 18-21 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Il disait donc : « À quoi est semblable le royaume de Dieu ? À quoi l'assimiler ? Il est semblable à une graine de moutarde qu'un homme prend et jette dans son jardin. Elle croît et devient un arbre : les oiseaux du ciel font leur nid dans ses branches. » 

De nouveau il dit : « À quoi assimiler le royaume de Dieu ? Il est semblable à du levain qu'une femme prend et cache dans trois panerées de farine, jusqu'à ce que tout ait levé. » 

 

 

La visitation, par He-Qi

 

 

voir aussi : Croissance de rêve, Petit à petit, Placement pépère, Force tranquille

Il y a de nombreux passages des évangiles qui nous disent combien il peut être difficile de trouver le Royaume : beaucoup d'appelés mais peu d'élus, il faut chercher sans relâche, la porte est étroite, etc... Et, comme nous en avons parlé à plusieurs reprises ces jours-ci, il n'y a pas de technique transmissible à ce sujet, c'est à chacun de faire son chemin, personnel et unique. Et puis il y a des passages comme celui d'aujourd'hui, où Jésus semble parler d'un processus naturel, et inéluctable en quelque sorte. Qu'en est-il donc ? ça vient tout seul, ou ce ne peut être que le fruit d'un long et pénible travail sur soi ? Mais la contradiction n'est qu'apparente, parce que nos deux paraboles d'aujourd'hui ne parlent pas de la même chose, il ne s'agit pas ici de la découverte et de l'entrée dans le Royaume, mais de sa croissance une fois qu'il a été trouvé, ce qui est une toute autre étape dans l'histoire du chercheur spirituel.

Trouver le Royaume ne peut être que difficile. Pas parce qu'il faudrait acquérir des connaissances ou des capacités hors du commun ! ce n'est pas une question de savoirs ni de savoir-faire, au contraire, puisqu'il s'agit justement d'arriver à un point où tout ceci apparaît clairement comme fondamentalement insuffisant et insatisfaisant. Tout le monde est apte à faire ce chemin qui mène à renoncer à compter sur quoi que ce soit de ce que nous sommes ! Ce n'est facile pour personne, mais il n'y a pas d'autre moyen. Ce n'est que lorsque nous ne croyons plus en nous que la place est prête, qu'un espace s'ouvre, par lequel l'Autre peut se révéler. L'Autre, Dieu, le Père, Cela, qui est au-delà de ce que nous pensions être notre moi, et qui est pourtant notre moi le plus intime, mais que nous ne connaissions pas jusque là.

C'est une découverte fantastique et très ordinaire à la fois. Fantastique parce qu'il y a réellement un avant et un après. La présence trouvée en soi n'est plus cette simple croyance que nous pouvions avoir auparavant, ce n'est pas qu'une histoire d'intime conviction sujette à remise en cause éventuelle selon les événements ultérieurs qui nous affecterons. C'est une réalité, tangible, inaliénable. C'est la Réalité. C'est réellement une seconde naissance, une seconde vie. Mais qui commence seulement, cela ne chamboule pas toute notre vie de fond en comble du jour au lendemain ! Nous avons ouvert la porte, il nous reste encore à découvrir et habiter notre nouvelle demeure, et c'est ce dont parlent nos deux paraboles. Cet événement initial et fondateur est comme une petite graine, qui va maintenant pousser tranquillement, à son rythme, jusqu'à donner, pourquoi pas, un arbre majestueux. Ou il est comme le levain, qui va progressivement faire lever toute notre pâte humaine. Ou encore comme un champ ensemencé, qui finira par donner en son temps, qu'on dorme ou qu'on veille, une moisson (Marc 4, 26-28).