Partage d'évangile quotidien
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Au vingt et unième siècle !

Ven. 17 Novembre 2023

Comment comprendre qu'on puisse encore croire à ces fins dernières, partagées par les trois monothéismes, à ce messianisme, à cette venue — à un moment de l'histoire — du Messie (judaïsme), ou du Mahdi (islam), ou au retour de Jésus (christianisme), venue qui marquerait la fin de ce monde et l'inauguration d'un autre monde, d'un monde nouveau. Je veux dire, bien sûr, comment peut-on croire encore à la réalité littérale d'un tel événement (au-delà d'une signification purement symbolique qui permettrait alors évidemment d'autres interprétations), sachant que notre univers existe depuis quatorze milliards d'années, et que même les théories les plus pessimistes, émises surtout par des "scientifiques" avides de se faire un nom à bon compte, parlent au minimum d'encore quelques autres milliards d'années à venir, tandis que les théories les mieux partagées parlent, elles, de milliards de milliards d'années...

Ceci, certes, concerne la fin de l'univers. Notre système solaire, lui, n'existe que depuis quatre à cinq milliards d'années et n'a pas encore atteint la moitié de sa vie... Ce qui pose le plus de problème pour l'avenir de notre humanité est plutôt ce que nous avons fait de notre planète. Tout indique que nous l'avons complètement déréglée, et que nous ne sommes déjà plus capables d'arrêter la machine infernale que nous avons mise en route. Ceci entraînera-t-il pour autant la disparition totale de notre humanité ? bien malin qui saurait le prédire. Cependant, la disparition de toute vie semble, elle, peu probable, ce qui signifie que, que notre espèce humaine disparaisse ou pas, la nature devrait avoir de toutes façons encore le temps, par l'évolution, de produire une nouvelle fois une espèce consciente. Et puis, même si ce n'est pas le cas, il y a certainement d'autres espèces conscientes qui ont été produites à travers les immensités de l'univers...

Que peut alors signifier ce concept de messianisme de fin des temps ? Même si le dérèglement climatique entraînait notre disparition complète à échéance de moins de cent ans (ce qui n'est pas impossible du tout), de toutes façons elle ne se fera pas d'un seul coup, nous ne disparaîtrons pas tous en même temps, au même moment. Non, il me semble vraiment, que cette "fin des temps" partagée par les trois monothéismes, ne pouvait avoir encore de sens, à la rigueur, que jusque vers le début du vingtième siècle, jusqu'aux découvertes cosmologiques nous dévoilant l'existence du big bang ainsi que les immensités, tant en temps qu'en espace, de cet univers qui nous a produits. Et c'est à peu près pendant ce même temps, celui du vingtième siècle, où cette immense toile de fond de notre univers se dévoilait progressivement à notre connaissance, que nous nous sommes mis, tout aussi progressivement mais bien résolument, à saboter les conditions de notre survie sur cette planète...

Nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre ce qui attend notre espèce, déjà les jeunes couples n'ont plus le goût de faire des enfants, quitte à ne pas courir après les relations sexuelles, et certains se préparent pour affronter un effondrement démographique, qui en réapprenant à cultiver son jardin, à devenir capable de vivre en autarcie, qui (éventuellement les mêmes) en accumulant armes et munitions, et des réseaux de future solidarité se constituent : bref, on se prépare à repartir (si par la grâce de Dieu ou par hasard on échappe à la catastrophe), mais à repartir sur les mêmes bases ! en considérant que l'ennemi, l'erreur, c'était au choix, le capitalisme, ou le communisme, ou quelque isme, quelque idéologie, religieuse ou pas, alors que, beaucoup plus fondamentalement, la faute vient de notre incapacité à nous déprendre de toute idéologie, de nous retrouver seul.e face à soi-même et à l'univers, ce qui est le commencement de la vraie spiritualité, au-delà même de la distinction entre théisme et athéisme...

Tel est bien le défi du vingt et unième siècle, qu'il soit spirituel dans ce sens-là (qui que soit, d'ailleurs, l'auteur supposé de cette prédiction).

 

 

« Et comme il arriva aux jours de Noé,
ainsi en sera-t-il aussi aux jours du fils de l'homme :
    on mangeait, on buvait,
    on épousait, on était épousée,
jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche
    et vint le cataclysme
et il les perdit tous.

Pareillement, comme il arriva aux jours de Lot,
    on mangeait, on buvait,
    on achetait, on vendait,
    on plantait, on bâtissait,
mais au jour où Lot sortit de Sodome,
    il a plu du feu et du soufre du ciel
et cela les perdit tous,
ce sera pareil
    au jour où le fils de l'homme sera révélé.
    
En ce jour-là,
qui sera sur la terrasse
    avec ses biens dans la maison,
qu'il ne descende pas les prendre !
et qui sera dans le champ,
    de même, qu'il ne revienne pas en arrière !
souvenez-vous de la femme de Lot !
qui cherchera à sauver sa personne
    la perdra
et qui la perdra,
    la fera naître.
    
Je vous dis :
    en cette nuit
ils seront deux
    sur un seul lit,
l'un sera pris
    et l'autre laissé ;
elles seront deux
    à moudre ensemble,
l'une sera prise
    et l'autre laissée. »
    
    Et répondant ils lui disent :
« Où, Seigneur ? »
    mais il leur dit :
« Où il y a cadavre,
    là les vautours pullulent aussitôt. »

(Luc 17, 26-37)