Partage d'évangile quotidien
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Un homme avec un esprit impur...

Mar. 14 Janvier 2025

Nous sommes des "schizophrènes", nous comportant comme si notre psychisme et notre physique étaient deux entités distinctes, sans rapport l'une avec l'autre, comme deux chevaux tirant, l'un à hue, et l'autre à dia.

Il les enseigne "comme ayant autorité", c'est-à-dire comme si c'était lui l'auteur de cet enseignement, contrairement aux scribes qui, eux, ne font que répéter un enseignement qu'ils ont reçu d'autres, lesquels l'avaient également reçu d'autres, lesquels... et ainsi à l'infini. Autrement dit, il y a un type d'enseignement qu'on pourrait qualifier de scolaire ou universitaire, un savoir qui se reçoit et se re-donne, sans que ceux qui le transmettent n'y mettent rien du leur, et un autre type d'enseignement que, celui qui le transmet, tire de son propre fond, ce qui signifie de sa propre expérience personnelle et directe de ce dont il s'agit, et ici, il s'agit de Dieu...

Car effectivement Dieu ne s'est pas contenté de se révéler juste à quelques uns, quelques privilégiés, au long des siècles et sur toute la terre. Une telle idée, d'un Dieu parcimonieux pour ne pas dire avare à se faire connaître, est assez spécifique des religions qui privilégient sa transcendance sur son immanence, et en ceci tout particulièrement du monothéisme abrahamique. Mais Dieu n'est pas comme ça, Dieu veut de tout temps et en tout lieu, inlassablement, se faire connaître d'absolument tout le monde, d'absolument chacune et chacun, personnellement, et ce, justement non pas par seul ouï-dire, ce qui n'aurait rien de personnel en réalité, ce qui ne serait qu'une idée, un concept, ce qui ne concernerait alors que notre intellect, mais bien par une expérience, concrète, sensible, exactement du même ordre que nous pouvons faire celle du soleil comme source de lumière et de chaleur, ou de l'eau qui nous rafraîchit et désaltère, ou de l'air comme caresse et énergie.

Je ne saurais dire exactement comment une telle expérience est venue à Jésus, mais ce qui me semble à peu près certain, c'est qu'elle ne peut pas nous venir en ne cherchant Dieu qu'avec notre intelligence, avec notre mental, notre pensée, mais qu'il faut nous y mettre avec absolument tout ce que nous sommes, donc aussi notre cœur, nos sentiments, nos émotions, et puis peut-être surtout encore notre corps, nos sensations, nos sens. Et ce ne sont pas les quelques génuflexions et signes de croix du christianisme, et leurs équivalents dans le judaïsme ou l'islam, qui peuvent jouer ce rôle, car ils sont effectués quasiment comme des automatismes. S'efforcer de les accomplir en faisant vraiment attention à notre corps, aux sensations qu'il ressent, aux effets de ces sensations, serait alors un premier pas allant dans le bon sens : débrancher le mental, et faire confiance au corps, car il est rare que le corps nous mente.

Pour en revenir à Jésus, il est bien possible que ce soit son jeûne qui ait joué pour lui ce rôle d'enracinement dans le corps, en le menant ainsi jusqu'à ses limites il apprenait à le connaître le plus intimement possible. Sans aller jusque là, les traditions orientales nous proposent un certain nombre de pratiques qui abordent ainsi le corps dans un état d'esprit d'écoute de ce dernier, assez contraire à ce qui nous est proposé dans le sport ou les exercices de musculation. Est-ce d'ailleurs un hasard si c'est dans la même "civilisation", la nôtre, occidentale, qu'on trouve d'une part une religion axée sur le mental et l'affectif mais coupée du corps, et d'autre part des pratiques corporelles coupées de l'affectif et du mental ? comme si nous étions doubles, séparés en deux morceaux qui seraient étrangers l'un à l'autre, composés de deux natures incompatibles entre elles !?

Et peut-être est-ce alors, quand le corps et l'esprit sont réconciliés en nous, que peuvent se guérir tant l'esprit que le corps des malades ?

 

 

et ils vont à Capharnaüm
et aussitôt un jour de shabbat
    étant entré dans la synagogue il enseignait
et ils étaient stupéfiés par son enseignement
    car il les enseignait comme ayant autorité en lui-même
    et non comme les scribes
    
et aussitôt il y avait dans leur synagogue
    un homme avec un esprit impur
    et il vociféra en disant
« qu'y a-t-il entre nous et toi ? Jésus le Nazarène
    es-tu venu nous perdre ?
je sais qui tu es
"le saint de Dieu !" »
    et Jésus l'engueula en disant
« la ferme ! et sors de lui ! »
    et l'esprit impur
    l'ayant convulsé et crié un grand cri
sortit de lui
    
et tous furent abasourdis
    si bien qu'ils s'interrogeaient les uns les autres en disant
« qu'est-ce que c'est ?
    un enseignement nouveau avec autorité !
    et il commande aux esprits impurs !
    et ils lui obéissent ! »
et aussitôt sa renommée sortit partout
dans tout le pays alentour de la Galilée

(Marc 1, 21-28)