Papa !
Un jour, quelque part, Jésus était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean Baptiste l'a appris à ses disciples. »
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites :'Père,que ton nom soit sanctifié,que ton règne vienne. Donne-nous le paindont nous avons besoin pour chaque jour. Pardonne-nous nos péchés,car nous-mêmes nous pardonnonsà tous ceux qui ont des torts envers nous.Et ne nous soumets pas à la tentation.' »
Tout Jésus est dans cette apostrophe : 'Père', Abba, Papa.
Les juifs considéraient déjà Dieu, YHWH, comme leur père, mais seulement comme père de leur peuple, père de la collectivité, pas comme leur père personnel à chacun. C'est cette différence que traduit le terme précis utilisé par Jésus, Abba, pour nous 'Papa'.
Notre traduction liturgique ne rend pas compte de cette nuance imortante. D'une part en utilisant le mot 'père' qui est plus distant que le familier 'papa'. D'autre part en ajoutant ce 'notre', qui n'est pas faux, mais qui introduit encore plus de distance dès le début de la prière.
Bien sûr que ce 'père qui es aux cieux' n'est pas que mon père mais aussi celui de chacun et chacune, c'est ce qui fonde la fraternité humaine. Mais il ne peut être 'notre' père que si il est bien d'abord 'mon' père. Ce n'est qu'en commençant par lui dire 'papa' pour mon seul compte personnel, que je peux ensuite élargir ma prière aux demandes collectives qui composent la deuxième partie de la prière : donne-nous, pardonnes-nous, ne nous soumets pas mais délivres-nous.
L'ensemble de cette prière comprend évidemment beaucoup plus que cela, mais il est quand même dommage de masquer ce point de départ, essentiel.


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