Nous aussi ?
« Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? »
Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles.
« Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
Jésus s'adresse pourtant spécialement à ses disciples lorsqu'il prononce ces paroles ; tout au long de ce chapître, Luc précise bien quand Jésus parle à la foule, et quand il parle aux disciples. On dirait que Pierre renacle devant cette recommandation de 'toujours veiller'. Le sous-entendu de sa question semble être que eux, les disciples, vu leur place spéciale auprès de Jésus, ne devraient peut-être pas redouter autant que les autres cette fin des temps qui vient.
Il convient de bien se rappeler que les diciples pensaient que le Royaume serait inauguré par Jésus de son vivant, leur idée qu'il pourra sans doute les prévenir que les temps approchent n'est pas forcément absurde.
De même pour les chrétiens des premiers temps, qui attendaient la seconde venue du Christ de leur vivant, le Christ qui était certes monté 'au ciel' mais qu'ils considéraient comme présent au milieu d'eux d'une manière mystérieuse, et qui saurait donc sûrement leur éviter l'essentiel des tribulations prévues pour les autres.
Et nous, aujourd'hui, n'avons-nous pas tendance à croire que notre foi nous donnera droit à un traitement de faveur quand nous passerons dans l'au-delà ?


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