En avoir ou pas
« Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.' Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ?
« De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.' »
voir aussi : Devoir à la maison, Imbéciles heureux ?, La tenue de serviteur
Lequel d'entre nous a des serviteurs ? La question peut sembler oiseuse, pourtant Jésus s'adressait plutôt à des foules de condition modeste, voire misérable, et j'ai du mal à l'imaginer leur parlant comme ça. Même ses disciples les plus proches ne devaient pas pouvoir s'identifier à cet homme, ce propriétaire terrien, qui est assez aisé pour ne pas être obligé de cultiver lui-même ses terres !
Et puis ce manque de considérations pour son serviteur... Nous ne sommes bien sûr plus à cette époque, pourtant d'autres passages des évangiles militent pour un autre regard. Ici, le serviteur est vraiment ravalé au rang d'utilité, ce n'est plus un homme, un frère, un prochain. Et rien ne nous indique que Jésus ne cautionnerait pas, serait en désaccord. C'est normal, semble-t-il dire.
Nous avons peut-être quand même besoin de freins. Que le Dieu de Jésus nous soit plus intime que nous-mêmes ne signifie évidemment pas que nous sommes au-dessus de lui. Mais en réalité, il n'y a pas de risques. Quand l'Esprit nous parle, nous savons très bien que nous n'en sommes pas propriétaires. Mais nous n'éprouvons pas du tout non plus ce besoin de nous dévaloriser que l'on voudrait nous enseigner ici.


Commenter cet évangile