De mains d'hommes
Certains parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n'en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? »
Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : 'C'est moi', ou encore : 'Le moment est tout proche.' Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. »
Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel. »
voir aussi : Beauté des signes, Fin des temps
À la base de ce passage, il y a vraisemblablement des paroles de Jésus pour promouvoir l'intériorisation de la démarche religieuse. C'est un thème qui court tout du long des évangiles, on le retrouve dans l'épisode de la Samaritaine au puits de Jacob, mais aussi dans de nombreuses paraboles et enseignements. L'idée est que la rencontre avec Dieu ne nécessite pas de lieux ou de temps exclusifs. Dieu peut, et doit, être trouvé n'importe où et n'importe quand.
Dans cette optique, le Temple perd de son importance. Jésus vient d'en dénoncer les dérives mercantiles, il semble qu'il n'appréciait de plus que modérément le principe du sacrifice d'animaux. De là à en prophétiser la destruction, cette idée vient plutôt de chrétiens qui l'ont déjà vue se réaliser.
Mais voilà, cette destruction ne leur apporte même pas la réponse qu'ils attendent. Certes, ils se sont éloignés, plus ou moins contraints, des formes extérieures du judaïsme. Mais pour attendre quoi, pour se raccrocher à quoi ? On sait la formule qui s'est alors élaborée : Jésus reviendra. Le texte d'aujourd'hui, cependant, reste très prudent : quand, où, nul ne peut le dire. Aucun signe, aucun événement, si terrifiants, si catastrophiques, qu'ils soient ne peuvent servir de repère.
On est déjà entré dans le long terme.


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