Partage d'évangile quotidien
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Compagnons "étrangés"

Jeu. 8 Avril 2010

Luc 24, 36-48 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! » 

Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. 

Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement.Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux. Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » 

Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. » 

 

 

Le matin de Pâque, par He-Qi

 

 

Il se trouve là subitement, au milieu d'eux, sans être entré par la porte ni même à travers un mur. Pourtant ils peuvent le toucher, et il mange. Ça, c'est nouveau ! Il n'est pas 'juste' un fantôme, un revenant, qui viendrait pour titiller la conscience de ceux qui l'ont renié ou abandonné, ni un esprit malin qui s'amuserait à leur faire peur en ayant pris son apparence. Non, c'est bien lui, Jésus.

Et c'est plus que lui. Mort, il l'a bien été, mais le voilà de nouveau vivant, et d'une manière à la fois ordinaire et très nouvelle. Ordinaire : avec toutes les propriétés et capacités d'une personne physique. Nouvelle : sans toutes les contraintes, n'y étant apparemment pas assujetti. Il est là, visible, tangible, quand il le veut, et cesse de l'être quand il le veut aussi. En bref, il semble qu'il peut à volonté se matérialiser ou se dématérialiser.

Il ne faudrait pas pousser trop loin la représentation de l'état de résurrection. Nous n'en savons guère plus. Efforçons-nous d'y parvenir, nous verrons bien alors de quoi il retourne. Mais déjà ces quelques informations nous disent ce que ce n'est pas : le ressuscité n'est pas un fantôme ni un esprit, et la résurrection n'est pas non plus la même chose que la réincarnation. Une personne qui se réincarne recommence pour un tour, vie puis mort ; le ressuscité, lui, ne mourra plus.

A titre tout-à-fait personnel, je ne pense pas pourtant qu'il y ait incompatibilité entre une conception réincarnationiste et la résurrection. Car le but des réincarnations n'est pas de se poursuivre indéfiniment, mais bien de parvenir à s'en libérer. Il y a des témoignages d'hindous d'apparitions de leur maître récemment décédé qui ressemblent de très près à ce que les évangiles nous disent des apparitions de Jésus (voir par exemple l'Autobiographie d'un yogi, du paramhansa Yogananda).

Et dans les deux cas, ne nous imaginons pas qu'il s'agisse d'un but final, bien au contraire !-)

Commenter cet évangile

A
<br /> <br /> Sans vouloir vous offenser, les notions de "réincarnation" et de "résurrection" sont incompatibles sur (au moins) un point.<br /> <br /> <br /> Je ne cache pas que des spéculations de type "réincarnation" ont couru dans certains milieux chrétiens marginaux, et pas seulement chez les gnostiques. Toutefois, ces spéculations n'ont jamais<br /> été reçues dans l'Eglise, en raison justement de l'anthropologie sous-jacente.<br /> <br /> <br /> En effet, qu'est-ce que la personne ?<br /> <br /> <br /> Ou, plus simplement, qui suis-je, que suis-je ?<br /> <br /> <br /> * Est-ce seulement mon "âme", mon "esprit", cet "impalpable" qui est constitutif de mon être ?<br /> <br /> <br /> Et mon corps n'est-il qu'une prison pour mon âme ? N'est-il qu'un véhicule ? Si oui, alors, "je" (c'est à dire mon âme) peux changer de véhicule, "je" peux (éventuellement) changer de véhicule,<br /> ou, pour le dire autrement me "réincarner".<br /> <br /> <br /> * Suis-je, au contraire, un être complexe à la fois corps et âme (ou : corps, âme et esprit). Si oui, alors, changer de corps, c'est aussi destructurant que de "changer d'âme" : ce qui en<br /> résulte, ce n'est plus "moi",  c'est "autre-chose", voire "quelqu'un d'autre".<br /> <br /> <br /> Certes, mon corps change et évolue au fils des ans ; mon âme (ma psyché) aussi d'ailleurs. Toutefois, c'est "moi" du début à la fin.<br /> <br /> <br /> Il se trouve que l'anthropologie que nous présente la Bible, au rebours de celle de la philosophie grecque, considère l'humain comme un être complexe, et jamais comme une "âme" plus ou moins<br /> égarée dans un corps.<br /> <br /> <br /> Et si des spéculations sur la réincarnation se sont développées dans le judaïsme tardif (à l'époque du second Temple) et certains courants du christianisme des trois premiers siècles, c'est<br /> justement sous l'influence de la rencontre du Judaïsme avec la pensée grecque, à partir de Philon. Ces réflexions donnèrent naissance à des systèmes à l'angélologie délirante.<br /> S'il y a une conjonction entre "réincarnation" et "résurrection", c'est par contre dans l'affirmations que la mort n'est<br /> pas la fin de l'être. Qu'un guru ait pu apparaître (en rêve ou en "rencontre" diurne) à tel de ses disciples n'est pas en soi une démonstration de la justesse de la thèse de réincarnation : divers<br /> saints chrétiens sont aussi apparus après leurs décès.<br /> <br /> <br /> <br />
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A
Amen !<br /> <br /> Reste que les modalités de ce corps du ressuscité semblent indiquer un véhicule pour une personne qui peut fort bien s'en passer, à rebours effectivement, au moins en apparence, de l'anthropologie hébraïque ... ?