Paralysés du coeur
Une autre fois, Jésus entra dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était paralysée. On observait Jésus pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat ; on pourrait ainsi l'accuser.
Il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Viens te mettre là devant tout le monde. » Et s'adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de tuer ? » Mais ils se taisaient.
Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leurs coeurs, il dit à l'homme : « Étends la main. » Il l'étendit, et sa main redevint normale.
Une fois sortis, les pharisiens se réunirent avec les partisans d'Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.
voir aussi : Coïncidences
On enfonce le clou ! Les règles du sabbat sont censées dire ce qu'est le bien ce jour-là. Elles cherchent à prévoir tous ces cas de conflits éventuels entre deux biens, en sorte qu'il n'y ait pas à réfléchir, juste connaître les règles. Et si un cas nouveau se présente, il est d'usage d'attendre que les 'spécialiste de la loi' (les scribes) en débatent et finissent pas édicter une règle de plus. Pendant ce temps, s'abstenir.
C'est là que Jésus pointe son doigt : si l'attentisme a pour conséquence la mort, le système n'est-il pas dévoyé ? Toute règle, censée être inspirée par Dieu, directement ou par induction, peut-elle mener qui que ce soit à la mort, alors qu'il dit par ailleurs qu'il ne souhaite pas la mort du pécheur mais qu'il se convertisse (Ezéchiel 33, 11) ? Les règles du sabbat n'obligent certes pas à commettre de meurtres, mais en interdisant d'intervenir, dans certains cas, elles peuvent effectivement mener à un crime par 'non-assistance à personne en danger', comme nous le formulons à notre époque.
Tel est l'argument que Jésus essaie de faire comprendre à ses adversaires. En vain, semble-t-il, puisqu'il obtient surtout leur union dans l'opposition.


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