Bon sens
Il appela de nouveau la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »
Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l'interrogeaient sur cette parole énigmatique. Alors il leur dit : « Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans l'homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n'entre pas dans son coeur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C'est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.
Il leur dit encore : « Ce qui sort de l'homme, c'est cela qui le rend impur. Car c'est du dedans, du coeur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. »
C'est ce qui sort de l'homme qui le rend impur. Puisqu'il est question de nourriture, on pense d'abord aux excréments, qui sont effectivement une source potentielle importante de maladie si on ne respecte pas un minimum d'hygiène. La question est prise très au sérieux dans toutes les cultures primitives, au point que, des deux mains, l'une (la droite généralement) est dédiée à l'apport de nourriture à la bouche, tandis que l'autre (la gauche) est réservée aux ablutions après défécation. D'où l'expression : ils ne savent pas distinguer leur main gauche de leur main droite.
Cette première signification est certainement déjà présente dans le début de cet épisode. Mais Jésus veut nous entraîner plus loin. L'homme ne vit pas que de pain ... et dans cette économie-là aussi, nous dit-il, nous ferions bien de prendre garde que ce ne peut pas être ce qui rentre en nous, la Parole de Dieu, qui nous rend impurs.
La psychologie, et le bon sens, nous disent que le mal que nous faisons vient aussi du mal que d'autres nous ont fait, il est vrai. C'est un des aspects du péché originel, que ce mal que nous faisons résulte en de nouveaux maux que feront nos victimes. Mais ce n'est pas non plus une fatalité, seulement une inclination, à laquelle nous pouvons résister, et c'est ce à quoi nous invite Jésus.
Au fond, il ne fait que reprendre un des tous premiers préceptes du Père, donné à Caïn : le mal est tapi à ta porte, et toi, tu le domineras !


Commenter cet évangile