Partage d'évangile quotidien
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Le grand soir

Mar. 17 Août 2010

Matthieu 19, 23-30 traduction : Comparer plusieurs traductions sur le site 4evangiles.fr Lire le texte grec et sa traduction (anglaise) mot-à-mot sur le site interlinearbible.org

Et Jésus dit à ses disciples : « Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le Royaume des cieux. Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux. » 

Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus les regarda et dit : « Pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible. » 

Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre : alors, qu'est-ce qu'il y aura pour nous ? » Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : quand viendra le monde nouveau, et que le Fils de l'homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m'avez suivi, vous siégerez vous-mêmes sur douze trônes pour juger les douze tribus d'lsraël. Et tout homme qui aura quitté à cause de mon nom des maisons, des frères, des soeurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra beaucoup plus, et il aura en héritage la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, beaucoup de derniers seront premiers. » 

 

 

Le messie, par He-Qi

 

 

"Qui donc peut être sauvé ?", disent les disciples apprenant la difficulté pour un riche d'atteindre le royaume. Qui peut être sauvé, est-ce à dire que tout le monde est riche ? Qu'il n'y a pas de pauvres ?

Sans doute, oui. Nous sommes toujours le riche d'un autre. Quand bien même je serais sdf chez nous ou réfugié humanitaire dans le sud, sans aucune possession matérielle, dépendant de la charité privée ou publique pour ma survie, il me resterait peut-être une gamelle à tendre pour la faire remplir, et que d'autres comme moi n'auraient même plus. Ou il me resterait des bras valides, que d'autres n'auraient plus. On peut toujours trouver plus pauvre que soi, sinon c'est qu'on est mort.

Mais en général nous ne le voyons pas. En général, nous voyons surtout ceux qui sont plus riches que nous, ou que nous imaginons tels. Et nous les envions. Il est vrai que toute notre société, dite de consommation, ne nous encourage que dans ce sens. Mais la société ne fait que refléter ce que nous sommes.

René Girard aime à rapporter cette expérience : dans une pièce avec un groupe d'enfants, on a mis autant de jouets, tous rigoureusement les mêmes, que d'enfants. Malgré cela, il y a quand même des disputes. Des enfants, qui n'ont d'abord pas éprouvé le désir de prendre un des jouets, en voyant un autre jouer veulent alors précisément celui-ci, et non pas un de ceux qui restent libres. Parce que ce n'est même pas la possession de l'objet en soi qui nous motive mais plus la possession de l'objet qu'un autre possède.

Plus précisément, c'est la jouissance que nous supposons à l'autre dans ce qu'il possède, que nous voulons nous approprier. C'est ainsi que nous fonctionnons. Pas même, donc, pour satisfaire nos désirs propres, mais seulement des désirs de substitution, des imitations de désirs imaginés.

Qui donc nous fera voir le bonheur ? Qui donc peut être sauvé ?

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