Partage d'évangile quotidien
<
Enregistrer le billet en pdf

Le un et le multiple

Mar. 27 Octobre 2026

Si certains ont pu parler de la matière comme d'une sorte de dégénérescence, ou de maladie, de la lumière, il est possible d'en dire à peu près autant de l'ensemble de l'univers manifesté, tant matière qu'aussi énergie et toute autre composante et propriété, par rapport au "vide quantique".

Concernant l'énergie du vide quantique, il faut bien faire attention qu'il ne s'agit absolument pas de nombreuses sortes d'énergies, mais d'une seule énergie, et infinie. C'est dans notre univers manifesté qu'il existe plusieurs sortes d'énergies, et en outre que leur quantité est quantifiable. Lorsque notre univers manifesté empreinte de l'énergie au vide quantique, cette énergie ne prend une forme et une quantité données que de notre point de vue à nous, du point de vue de la manifestation, mais pas du point de vue du "vide" quantique qui, lui, demeure absolument inchangé.

Le vide quantique ne connaissant ni l'espace ni le temps, il ne peut non plus être composé de plusieurs sortes d'énergies. Quant à savoir si sa nature est effectivement d'être en lui-même de pure énergie infinie, nous n'en savons rien, mais c'est ainsi qu'il nous apparaît puisque c'est en tout cas ce que nous recevons de lui, et le plus simple est alors de le penser de cette façon. Le vide quantique est énergie pure, unique, et infinie.

Notre univers manifesté est ainsi comme un sous-produit de cette énergie. Si certains ont pu parler de la matière comme d'une sorte de dégénérescence, ou de maladie, de la lumière, il est possible d'en dire à peu près autant de l'ensemble de l'univers manifesté, tant matière qu'aussi énergie et toute autre composante et propriété, par rapport au vide quantique, comme dégénérescence de ce dernier. Et ceci ne peut que nous faire penser à certaines conceptions religieuses sur une origine de notre monde "créé" par un dieu, tant le vide quantique, avec son unicité, sa plénitude, et son infinité spatio-temporelle, y fait furieusement penser...

Bien sûr, on voudra alors défendre que le dieu dont on parle ne peut pas être limité à ce concept abstrait et a priori impersonnel qu'est le vide quantique, que Dieu est un être plein d'amour, avec lequel on peut s'entretenir, s'expliquer, prier, remercier, etc., etc. Mais d'une part, quelle est la part dans toutes ces propriétés qu'on Lui attribue qui ne sont que projection de nos désirs et besoins éprouvés ? et d'autre part, à l'inverse, supposer ce vide quantique comme impersonnel pour ne pas dire froid, ne relève-t-il pas là aussi de projections du même ordre ?

Quoi qu'il en soit, on peut noter qu'une des conséquences de cette physique "cosmique" est qu'il est fort possible, pour ne pas dire très probable, qu'il existe, a existé, existera, une infinité d'univers manifestés, mais avec lesquels il nous est par définition impossible de communiquer autrement que par la pensée pour ne pas dire l'imagination ; ou mieux (?) : l'intuition. Ces univers peuvent être comparés aux bulles d'air qui apparaissent dans une eau qui approche de son point d'ébullition : chaque bulle naît du sein de l'eau où elle se forme puis disparaît, indépendamment de toutes les autres...

Dit ainsi, notre destin peut sembler dérisoire, n'être qu'une de ces minuscules composantes d'une de ces minuscules bulles qui ne vaut même pas un pet de lapin bien de chez nous, si je peux me permettre une telle comparaison ? C'est en tout cas ainsi que le conçoit un certain bouddhisme. Et puis, il faut faire attention au mot "vide" quand on parle du "vide quantique", puisqu'en réalité il s'agit au contraire d'un plein, le plein d'une énergie infinie, comme nous l'avons découvert ; ce qui nous semble vide au regard des normes de notre univers manifesté est en réalité un plein : un vide de formes et de multiplicité, mais un plein d'essence et d'unicité.

Alors on peut penser. Penser que dans cette unicité dans laquelle nous sommes incapables de discerner quelque distinction que ce soit, il en existe pourtant, mais qui ne sont effectivement pas de l'ordre de la manifestation matérielle. Et en premier lieu on peut éventuellement penser avant tout à de la mémoire, une mémoire sans support, une mémoire de toutes les expériences vécues sur tous les univers manifestés, de toutes les aventures de l'évolution qui se sont produites sur chacun d'eux, et mémoire mise à disposition de chaque nouvel univers manifesté. Ceci expliquerait au moins pourquoi l'évolution dans notre univers, et particulièrement sur notre planète, semble avoir comme bénéficié de circonstances surprenantes au regard des seules "lois" du hasard.

Mais tout ceci : pour quoi faire ? La question n'est peut-être pas là, mais plutôt, pour nous êtres humains conscients : qu'en faire ? On peut bien sûr vouloir se rattacher aux croyances dont on a pu hériter, ce Dieu bon etc. Pourquoi pas ? et Dieu bon qui aura donc voulu cela, que notre univers manifesté n'en soit qu'un parmi des milliards de milliards (et attention, on ne parle pas ici des milliards de milliards de galaxies de notre seul "petit" univers manifesté, mais bien de milliards de milliards d'univers) ? Pourquoi pas encore ? mais est-il vraiment besoin de Le différencier de ce méta-univers tel que nous le connaissons maintenant ?

Si nous voulons justifier qu'il soit possible de communiquer avec ce Dieu, il n'est pas possible de Le concevoir comme étant en-dehors de tout cela, ou, ce qui revient au même, de concevoir que tout ceci soit en-dehors de Lui. Il faut résolument rejeter l'idée d'une "création" du monde à l'extérieur de Lui. S'il y a un Dieu "créateur", c'est en lui-même, en son sein, de sa propre substance, qu'il a "créé" (ou mieux alors : "engendré") notre univers manifesté (sans compter tous les autres possibles sinon fort probables...), comme le pensait, entre autres, Spinoza.

Est-il alors encore nécessaire de différencier ce Dieu de ce que nous appelons le vide quantique ? Personnellement, je ne vois pas pourquoi.